Marche ou crève !

20 septembre 2026 Marche nationale contre le permis de tuer

Partout en France, des villes se lèvent contre le « permis de tuer ».

Partout en France, des villes se lèvent contre le « permis de tuer ».

https://www.youtube.com/shorts/qW4ACTti6jU

Une mise en animation et en son de l’affiche réalisée par Primitivi

(Relais d’info – communiqué de la marche marseillaise) GRANDE MARCHE NATIONALE UNITAIRE

LE 20 SEPTEMBRE 2026

MARSEILLE · VIEUX-PORT · 12H

En 1983, ils avaient vingt ans et ils sont partis d’ici à pied. Ils étaient trente-deux. Sept semaines plus tard, ils étaient cent mille à Paris. Sept mois plus tard, ils avaient obtenu la carte de résident de dix ans. Cette ville sait ce qu’une marche peut obtenir.

Le 7 juillet 2026, l’Assemblée nationale a voté par 313 voix contre 199 la présomption d’usage légitime de l’arme. Voilà ce que ça veut dire, concrètement.

Aujourd’hui, en théorie quand un policier tire et qu’il tue ou blesse, le parquet ouvre une enquête. Les enquêteurs cherchent des preuves. La justice peut le placer en garde à vue. Un juge tranche. Demain, le tir serait présumé légitime dès le départ. Le dossier commencerait par sa conclusion.

On nous dira que cette présomption peut être renversée. Renversée avec quoi ? Les preuves viennent de l’enquête. Aujourd’hui, l’État doit prouver que le policier devait tirer. Demain, la famille devrait prouver qu’il ne devait pas. On nous laisse un droit en nous retirant les moyens de nous en servir.

Et cette loi ne nous touchera pas tous de la même façon. Un Marseillais sur quatre vit sous le seuil de pauvreté. Ce sont nos quartiers qui reçoivent les contrôles et les unités d’intervention.

Ce n’est pas le fait de quelques policiers. Le Conseil d’État a reconnu en 2023 que les contrôles au faciès ne se réduisent pas à des cas isolés. La Cour européenne des droits de l’homme a condamné la France en juin 2025 pour contrôles d’identité discriminatoires. Un jeune perçu comme noir ou arabe a quatre fois plus de risques d’être contrôlé, douze fois plus d’être fouillé ou emmené au poste.

Ce n’est pas nouveau. Le 4 août 2021, à la Belle-de-Mai, un policier a tué Souheil, dix-neuf ans, d’une balle dans la poitrine, lors d’un contrôle routier. Personne n’a placé le tireur en garde à vue. Les enquêteurs l’ont entendu librement deux jours après, quand ses collègues avaient déjà parlé. L’IGPN a perdu la vidéo qui a filmé l’homicide. L’enquête n’a trouvé aucun témoin : la famille a fait le porte-à-porte. Puis neuf scellés ont disparu du tribunal, dont la balle. Et c’était avec une enquête.

En juin 2023, l’État a envoyé ici le RAID, la BRI et le GIGN. Dans la nuit du 1er au 2 juillet, une patrouille du RAID a tiré cinq fois au LBD vers Mohamed Bendriss, vingt-sept ans, qui passait à scooter. Il est mort peu après. La même nuit, des policiers de la BAC ont visé Hedi, vingt-deux ans, au LBD, puis l’ont matraqué au sol. Les chirurgiens lui ont retiré une partie du crâne. La justice a mis en examen trois policiers du RAID et quatre de la BAC.

La justice les a mis en examen parce que le droit l’oblige encore à chercher ce qui s’est passé. Demain, il ne l’y obligerait plus.

Alors nous savons qui paiera en premier. Nos quartiers. Nos jeunes, contrôlés au faciès depuis le collège. Les sans-papiers, qui ne portent pas plainte parce que porter plainte, c’est se signaler. Celles et ceux qui dorment dehors. Tous ceux pour qui un contrôle n’est jamais une formalité. Et pas seulement à Marseille. À Mayotte, la loi autorise le préfet à détruire l’habitat des quartiers

pauvres sur simple décision administrative, sans l’enquête préalable exigée partout ailleurs. Trois mille cinq cents logements détruits, quatorze mille cinq cents personnes à la rue. En août 2025, l’État a suspendu pour dix ans l’obligation de leur proposer un hébergement. Là-bas, la procédure a déjà sauté. En Kanaky, l’État a envoyé le GIGN : le 10 juillet 2024, un gendarme du GIGN a tué un homme à la tribu de Saint-Louis ; le 19 septembre, un autre en a tué deux, âgés de vingt-neuf et trente ans. Le procureur de Nouméa a ouvert deux enquêtes. En Martinique, l’État a envoyé les CRS, imposé un couvre-feu, puis envoyé deux escadrons de gendarmes mobiles contre la mobilisation sur la vie chère.

Et pas seulement nos quartiers. Pendant les gilets jaunes, vingt-quatre personnes ont perdu un œil et cinq ont eu la main arrachée. À Sainte-Soline, en 2023, des gendarmes ont tiré des grenades en tir tendu et tenu les secours à distance. Leurs propres caméras les enregistrent en train de s’ordonner de viser les têtes et de dire qu’ils vivent le meilleur moment de leur carrière. Trois ans après, la justice n’en a poursuivi aucun. Aujourd’hui, ces faits font l’objet d’enquêtes. Demain, ils n’en feraient plus.

Plus de 730 000 personnes ont signé contre ce texte. L’Assemblée a fermé la pétition sans débat.

Mais rien n’est joué : le Sénat n’a pas encore voté. Le CPE aussi, le Parlement l’avait voté, le

Président promulgué, le Conseil constitutionnel validé. Personne ne l’a jamais appliqué. Un texte voté n’est pas un texte gravé.

À vingt ans, dans nos quartiers, on sait déjà ce qu’est un contrôle. Personne n’a besoin de nous

l’expliquer. C’est de nos vies que ce texte décide.

En 1983, ils sont partis à trente-deux. Le 20 septembre, combien serons-nous ?

LE 20 SEPTEMBRE, MARSEILLE MARCHE

RENDEZ-VOUS 12 H · VIEUX-PORT, QUAI DE LA FRATERNITÉ

DÉPART DE LA MARCHE 14 H

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