Colombie : crise et contre-offensive impérialiste des États-Unis

par Renán Vega Cantor, historien, chercheur et professeur à l’Univertisté Pédagogique de Bogota
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"Pour contrôler le Venezuela, il est nécessaire d’occuper militairement la Colombie" : Paul Coverdale, Sénateur Républicain des États-Unis, Premier rapporteur du Plan Colombie pour le Sénat des États-Unis, 1998.

“Bien que beaucoup de citoyens craignent un autre Viêt-Nam, cela semble nécessaire, parce que le Venezuela a du pétrole. le Venezuela a une aversion contre les États-Unis, ceux-ci doivent intervenir en Colombie pour dominer le Venezuela. Et après, l’Équateur semble aussi vital, et les indiens de là-bas sont dangereux, les États-Unis doivent là aussi intervenir dans ce pays. (...) Si mon pays dispense une guerre civilisatrice dans l’Irak lointain, je suis sûr qu’il peut aussi le faire en Colombie, et la dominer elle et ses voisins : le Venezuela et l’Équateur” : Paul Coverdale, le 10 avril 2000.

Paul Coverdale, Sénateur Républicain des États-Unis,
Premier rapporteur du Plan Colombie pour le Sénat des États-Unis
(photo : wikipedia)

La déshonorante remise de la souveraineté colombienne entre les mains des États-Unis, paraphée avec l’établissement de sept bases militaires sur le territoire colombien, fait partie d’une plus vaste stratégie de la part de la première puissance mondiale afin de s’assurer le contrôle de son pré carré latino-américaine pour les prochaines décennies.

La crise de l’hégémonie mondiale étasunienne se manifeste sur deux circonstances complémentaires : la crise économique qui les mange de l’intérieur, et les échecs stratégiques en Irak et en Afghanistan. Pour compenser cette baisse de pouvoir dans le monde, les États-Unis renforcent leurs entrées en Amérique Latine, où après avoir à peu près laissé le continent respirer durant une petite décennie ils sont entrain de développer une contre-offensive, comme Renán Vega Cantor le soutien dans cet article.

1. États-Unis : la crise interne s’accentue

Dans les derniers mois annoncer la fin de la récession et le commencement d’une récupération imparable est devenu un passe-temps populaire pratiqué par les principaux porte-paroles du capitalisme mondial. Ces prédictions ont peu à voir peu avec la réalité de actuelle du capitalisme, comme cela est démontré par l’amplitude de la crise économique aux États-Unis qui s’est prolongée au-delà de ce qui était prévu par les annalistes. En effet, et c’est le premier élément à souligner, la crise dure depuis plus de deux ans, elle s’est initié en juin 2007 quand plusieurs fonds spéculatifs ont fait faillite aux États-Unis et que l’on avait constaté que Brea Sterms, la troisième banque du pays, se trouvait dans de sérieuses difficultés. C’était le commencement de l’actuelle crise économique et financière aux États-Unis, qui a été répercutée quasiment instantanément sur le reste de monde.

Malgré la politique de sauvetage financier et patronal, poussée par les administrations Bush et Obama, la crise n’a pu être circoncise, au contraire une nouvelle bulle spéculative s’est mise a enfler : celle de la somme nécessaire au sauvetage qui grandit de manière vertigineuse et qui très probablement éclatera au moment où l’on s’y attend le moins. En même temps, les faillites de sociétés financières ne se sont pas arrêtées, ce qui a entraîné des fusions-acquisitions bancaires qui ont réduit encore plus le secteur financier, répercussion typique de la logique capitaliste qui s’exprime dans les maximes “le grand poisson mange le petit” et “sauf qui peut”. Ainsi, depuis le début 2009 on a annoncé que trois banques des États-Unis, Bank of America, Wells Fargo et PNC Financial Services Group ont acquis leurs anciens concurrents respectifs Merrill Lynch, Wachovia et National City. De cette façon, ces banques ont augmenté leurs actifs et le nombre de leurs bureaux dans tout le pays et, comme cela ne pouvait pas manquer, ces fusions ont occasionné des milliers de licenciements.

Comme cela arrive habituellement dans un système capitaliste, le poids de la crise retombe sur les secteurs et les travailleurs les plus pauvres. Ainsi, l’an dernier le nombre de personnes sans domicile fixe a augmenté de manière conséquente, cette catégorie de citoyens pauvres inclue maintenant une grande part de jeunes parents qui n’ont pas pu payer leurs hypothèques. Dans tous États-Unis le pourcentage de sans domicile fixe a augmenté de 10%, mais dans plusieurs régions du pays ce taux monte jusqu’à 56%.
Une autre conséquence de la crise est qu’en 2010 environ huit millions d’enfants vivront dans un état de pauvreté extrême, les suicides et les actions délictueuses dont ces enfants seront les victimes ou les protagonistes augmenteront de la même manière. La situation des plus pauvres est déjà si précaire que Ruby Takanashi, présidente de la Fondation pour le Développement de l’Enfant, a affirmé que "actuellement, les enfants sont une espèce menacée dans la société américaine". De même, tous les jours des milliers d’Américains coulent littéralement dans la pauvreté après être resté trop longtemps chômeurs et avoir perdu -de manière automatique- leur couverture médicale. Les données sont instructives, puisque chaque semaine 3 500 personnes perdent cette couverture médicale en Floride, 2 500 à New York , 1 600 en Géorgie et environ 1 000 dans le Michigan.

Dans le même sens négatif pour les travailleurs, le taux de chômage a atteint 10,2% durant le mois d’octobre 2009, le chiffre le plus élevé de ces 27 dernières années, uniquement surpassé par une pointe à 10,8% durant l’hiver 1982. De la même manière, le temps pour qu’un chômeur retrouve du travail en passant maintenant à 7,5 mois a lui aussi atteint son pic historique. Si nous parlons d’un chômage de 10% pour une force de travail composée par 154 millions de personnes cela veut dire qu’il y a un peu plus de 15 millions de personnes au chômage. Ce chiffre prend plus de sens s’il est comparé aux 7,5 millions de chômeurs qui étaient recensés en décembre 2007. Bien sûr, ceux qui maintiennent leur emploi ou ceux qui après quelques mois de chômage obtiennent un travail, doivent supporter la précarisation du travail, des salaires plus faibles et une intensité de travail plus soutenue et plus dure, comme cela se manifeste dans l’augmentation du nombre d’heures par homme/femme employé(e) : en novembre 2009 les travailleurs ont travaillé hebdomadairement 5% de plus qu’en novembre 2007.

Comme expression macroéconomique de tous les aspects mentionnés, le déficit budgétaire du gouvernement des États-Unis a atteint le record historique de 1 400 milliards de dollars, accentué tant par la chute des recettes d’impôts (les revenus gouvernementaux sont tombés de 16,6 % en 2009 par rapport à l’année précédente) que par la dépense colossale faite par l’administration pour stabiliser le système financier, pour sauver des banques et des entreprises et pour stimuler l’économie interne, ce qui a augmenté ces frais de 18,2%. La chute des revenus s’explique par l’augmentation du chômage, par la réduction des salaires, et par une politique fiscale très libérales avec les capitalistes et les spéculateurs.

Littéralement, il y a des régions des États-Unis qui ont basculé dans le tiers-monde, avec cela il faut comprendre que certains États fédéraux ne disposent pas des ressources nécessaires pour garantir le fonctionnement de leur appareil bureaucratique, pour payer le personnel administratif, et que des écoles, des hôpitaux ont dû être fermés et des infrastructure abandonnées, tout cela a également fait croître la pauvreté. Le cas le plus emblématique, bien qu’il ne soit pas unique, et celui de l’État de Californie, catalogué comme la huitième économie du monde et toujours vue comme l’un des bijoux de la couronne des États-Unis. En 2009 cet État est entré en faillite face à la réduction drastique de ses revenus fiscaux, et a annoncé la vente et la location de places et de parcs publics pour pouvoir obtenir des fonds. A la suite le gouverneur Arnold Schwarzenegger a décidé de diminuer les salaires des fonctionnaires, des maîtres, des policiers et des pompiers, et encore il n’a pu les payer à temps.

En plus de cela, le gouvernement de Californie a décidé, décision prévue par un accord avec le Congrès, de diminuer son budget de 14 milliards de dollars et des coupes sombres ont été appliquées dans les services destinés aux pauvres, aux personnes âgées et aux handicapés. De même, trois jours de congés sans solde par mois on été accordés aux fonctionnaires de l’État afin de diminuer les frais. Il a même été question de libérer 27 000 prisonniers et de fermer plusieurs prisons.
Il a été rapporté que des groupes de citoyens de cet État ont proposé la légalisation de la marijuana, dans la mesure où cela rapporterait des revenus au fisc californien. Pour faire la promotion de cette demande de légalisation une annonce télévisée a été produite, défendue par son auteur en ces termes : “Le gouverneur ignore des milliers de californiens qui sont d’accord pour payer plus de taxes. Nous sommes consommateurs de marijuana et les impôts dérivés de sa légalisation pourraient payer le salaire de 20 000 professeurs”. En ce qui concerne les enfants ils comptent déjà parmi les plus affectés, la Californie a fait de la publicité qui annonçait que l’année scolaire serait écourtée d’une semaine, avec la perspective d’économiser 5,3 milliards de dollars sur les budget de l’enseignement et la maintenance des centres éducatifs.

Pour chacun des éléments balayés ci-dessus, les perspectives immédiates de récupération de l’économie américaine sont peu flatteuses. Dans la logique même du système capitaliste, une économie ne fonctionne qu’à partir de la capacité d’achat de sa population pour que les articles produits se vendent, ce qui est garanti uniquement si une portion significative de la population a un emploi pour pouvoir consommer et que cela stimule le fonctionnement de la production capitaliste, bien que cela ne soit plus un réalité aux États-Unis, puisqu’ils ne produisent plus grand-chose, tout est produit à l’extérieur dans les mal nommées économies émergentes, principalement en Chine.

À ce sujet, il est bon de rappeler que jusqu’à il y a quelques mois la consommation interne aux États-Unis était à l’origine de 60% de la croissance de l’économie mondiale, étant principalement basée sur l’endettement des familles américaines. La question centrale qui dérive de cela est celle-ci : Qui peut se substituer aux voraces consommateurs des États-Unis, quand leur chômage augmente, que les salaires baissent et qu’il n’y a pas de possibilité de continuer avec l’endettement forcé pour contrer la faillite du système hypothécaire ?

2. Contre-offensive impérialiste

Dans l’histoire des États-Unis en particulier et des pays impérialistes en général, ce n’est pas la première fois que la crise interne que le système supporte essaie d’être palliée à l’extérieur et grâce à la guerre [1]. C’est ce qui arrive aujourd’hui dans divers lieux du monde : en Irak, où les États-Unis sont présents depuis plusieurs années, et en Afghanistan où s’accentue leur présence militaire malgré leur échec stratégique. Dans d’autres lieux du Proche-Orient, où par l’intermédiaire israélien on massacre des palestiniens et on menace de déchaîner une agression contre l’Iran, qui est déjà annoncée pour le milieu 2010 par plusieurs propagandistes de l’état sioniste. En Amérique Latine, où le putsch au Honduras, l’établissement de bases militaires en Colombie et au Panama, la réactivation de la Quatrième Flotte et la guerre de quatrième génération font partie de la stratégie de contrôle de leur pré carré.

Cette stratégie de guerre se manifeste d’une manière directe sur le terrain économique, puisque le budget militaire annuel des États-Unis a été le plus haut de toute leur histoire avec un montant de 680 milliards de dollars, un chiffre supérieur à toutes les dépenses militaires du reste du globe. Cette donnée prend tout son sens si elle est comparée au budget militaire des États-Unis en 2000, qui était de 280 milliards de dollars, ce qui indique une croissance de plus de 100% dans moins d’une décennie. En même temps, l’annonce récente de l’envoi d’un renfort de 30 000 soldats en Afghanistan représente un coût supplémentaire d’un million de dollars par an et par soldat envoyé. Ceux qui se frottent les mains avec ces frais sont les industriels de la guerre, les entrepreneurs du pétrole et des divers secteurs économiques qui y voient un bon business, et une bouée sauvetage intérieure en excitant la guerre hors des frontières des États-Unis. Dans ce contexte, examinons de manière succincte la situation de notre continent.

A. L’importance géoéconomique et géopolitique de l’Amérique Latine

En dehors de la crise économique et financière, les États-Unis, ainsi que l’ensemble des grandes puissances capitalistes, vieilles et nouvelles, supportent une autre crise parallèle, qui a un conditionnement matériel direct : l’épuisement des ressources qui ont facilité l’actuel niveau d’opulence et de gaspillage qui a cours dans les pays capitalistes centraux.

C’est le résultat élémentaire de l’expansion mondiale du capitalisme dans les deux dernières décennies, qui s’est developpé accompagné de ses formes de production et de consommation qui demandent d’énormes quantités de ressources et d’énergie, indispensables pour produire des autos, des ordinateurs, des portables, pour généraliser la nourriture camelote et pour garantir l’innovation technologique permanente. En termes globaux, les États-Unis qui ont seulement 5% de la population du monde consomment 30% du pétrole et 25% de toutes les ressources non renouvelables, qui vont du A de l’alumine, jusqu’au Z de Zinc.

Des études récentes du Mineral Information Institute, citées par l’enquêteur mexicain John Saxe-Fernández, présentent une information détaillée sur les problèmes de l’autosuffisance que rencontre les États-Unis pour des matériaux prioritaires, qui se trouvent à l’étranger. Par exemple, ils sont dépendant à 100% pour l’arsenic, le columbo(?), le graphite, le manganèse, le mica, le strontium,le talantium, et le titrium. A 99%, pour la bauxite et l’alumine, à 98% pour les pierres précieuses, à 95% pour les diamants industriels et l’abeste, à 94% pour le tungstène, à 91% pour le groupe de métaux du platine, à 84% pour l’étain, à 79% pour le cobalt, à 75% pour le chrome, à 66% pour le nickel, à 88% pour le fluor, à 86% pour le tantal, à 82% pour la baryte, à 74% pour le potassium, à 62% pour l’antimoine, à 50% pour le cadmium. On doit ajouter à cela la dépendance en pétrole et en gaz naturel, puisqu’actuellement les États-Unis ont besoin d’importer plus de la moitié des hydrocarbures qu’ils consomment.

Cela explique qu’aujourd’hui se livre une guerre mondiale brutale, et non déclarée, pour le contrôle des ressources qui restent encore disponible sur notre planète, avec comme principaux protagonistes les États-Unis, la Chine, l’Allemagne, la France, le Japon et la Russie, parmi les principales puissances.

Les déclarations des hommes politiques, des militaires et des entrepreneurs des États-Unis permettent d’évaluer l’ampleur de la guerre pour le contrôle des ressources. Comme simple illustration citons certains d’entre eux. Selon Spencer Abraham, l’un des Secrétaires à l’Énergie du gouvernement de Bush, son pays "affrontera une crise majeure de fourniture en énergie durant les deux prochaines décennies. Un échec pour résoudre ce défi menacera la prospérité économique de notre nation, compromettra notre sécurité nationale et modifiera littéralement notre manière de vivre".

Pour sa part, Ralph Peters, Major de l’Armée des États-Unis à la retraite, a affirmé en août 2006 dans Armed Forces Journal (un mensuel pour les officiers et les dirigeants de la communauté militaire des USA) : “Il n’y aura pas de paix. Pour le restant de nos vies il y aura des conflits multiples de formes mutantes sur tout le globe. Les conflits violents feront les gros titres, mais les luttes culturelles et économiques seront plus constantes et en dernier ressort, plus décisives. De facto le rôle des forces armées des USA sera de maintenir la sécurité du monde pour notre économie et qu’il se maintienne ouvert à notre attaque culturelle. Avec ces objectifs, nous tuerons une quantité considérable de gens”.

Dans ce scénario de guerre mondiale pour les ressources, l’un des principaux champs de bataille en dehors du Moyen-Orient c’est l’Amérique Latine, qui est traditionnellement dominée par les États-Unis et qui acquiert aujourd’hui une nouvelle importance parce qu’elle fournit 25% de toutes les ressources naturelles et énergétiques dont a besoin de l’empire du nord. De plus, les peuples d’Amérique Latine et des Caraïbes habitent un territoire sur lequel se trouve 25% des forêt du globe et 40% de la biodiversité de la planète. Presque un tiers des réserves mondiales de cuivre, de bauxite et d’argent font partie de ses richesses, son ventre renferme 27% du charbon, 24% du pétrole, 8% du gaz et 5% de l’uranium. Et ses bassins aquifères contiennent 35% de la puissance hydroénergétique mondiale.

En ce qui concerne le pétrole et le gaz, avec la technologie actuellement en vigueur le Mexique dispose d’un potentiel de pétrole jusqu’en 2012. Le Venezuela dispose de 30 ans de réserves exploitables, mais il possède également un pétrole bitumineux, ce qui augmente ses réserves. La Bolivie a des ressources importantes en gaz, 27 trillions de pieds cubiques, ce qui lui donne un potentiel d’exportation jusqu’en 2024. De plus, de grandes réserves d’hydrocarbure semblent exister au Guatemala, au Costa Rica et en Équateur, parmi les autres pays de la région.

En ce qui concerne l’Amazonie, la forêt du globe ayant la plus grande biodiversité, une étendue de 7 millions 160 000 kilomètres carrés, elle héberge 56% des bois tropicaux de la planète et possède la grande variété d’écosystèmes biologique, d’espèces et de ressources génétiques. Là on trouve un million et demi d’espèces connues et on estime qu’elle peut en héberger plus de dix millions ! Un inventaire sommaire indique la présence de 50 000 variétés de mammifères, 20 000 de reptiles, amphibiens et oiseaux, 21 000 de poissons, 140 000 de vertébrés, 90 000 d’invertébrés et arthropodes, 90 000 de plantes inférieures, 270 000 de plantes supérieures et 55 000 des microorganismes. Par l’Amazone et ses plus de 7 000 affluents coulent 6 000 milliards de mètres cube d’eau par seconde. De plus, c’est la zone qui fournit le plus d’oxygène (40% de l’oxygène du monde) et qui absorbe la plus grande quantité de carbone, c’est pour ces raisons et avec trop de mérites, qu’elle est appelée le “poumon de la planète”.

Avec ces données il reste clair que l’Amérique Latine n’est pas une petite chose dans la lutte mondiale pour les ressources et de là la priorité stratégique des États-Unis pour s’assurer son contrôle, ce qui est devenue aujourd’hui un peu compliquée du fait de l’émergence de plusieurs gouvernements nationalistes qui dessinent ce que les idéologues de Washington appellent “l’axe du mal”, ou “l’arc d’instabilité régionale”.

Pour réaffirmer l’importance de l’Amérique Latine pour l’impérialisme décadent américain, il faut remarquer que dans le document Santafé IV, publié en 2000 et support doctrinaire de George Bush junior, il est dit que “l’hémisphère a été bénit avec les ressources naturelles et un climat qui font de lui un paradis unique et virtuel pour ceux qui utilisent savamment de telles ressources”. Pour sa part, l’ancien Secrétaire d’État, Colin Powell, a soutenu à propos de l’ALCA : “Notre objectif est de garantir pour les entreprises américaines le contrôle d’un territoire qui s’étend de l’Arctique à l’Antarctique, et un accès libre sans aucun obstacle à nos produits, nos services, nos technologies et nos capitaux pour tout l’hémisphère”.

B. De "nouveaux" coups d’État : le cas du Honduras

Dans son projet de s’assurer le contrôle de cette vaste zone de la planète, riche en ressources, eau et biodiversité, l’impérialisme américain décadent n’hésite pas à utiliser tout type d’action pour maintenir sa domination dans la région. Ces derniers temps, et avec l’indépendance du parti qui gouverne aux États-Unis, l’impérialisme a décidé de retourner l’équilibre défavorable des forces et pour cela il impulse la déstabilisation et si c’est possible, le renversement de ces gouvernements qui ne sont pas enclins à servir ses intérêts ou qui tentent d’avoir un rôle indépendant. L’exemple actuel le plus emblématique est celui du Honduras, où le 28 juin 2009 a été effectué un coup d’État militaire sous le masque civil [2], appuyé par le gouvernement de Barack Obama [3].

Ce coup d’État peut être définit comme l’implémentation du “modèle afghan” dans notre Amérique, illustré par la manière grossière dont a été choisi et réélu la marionnette yankee Hamid Karsai, dont l’unique et fondamental appui est donné par les forces d’occupation, conjointement à plusieurs fractions de ceux qu’on appelle les “seigneurs de guerre”.

En Amérique Latine avant le Honduras en 2002 un coup d’État similaire a été tenté sans succès au Venezuela, un échec retentissant. En 2004 en Haïti un coup d’État a été effectué, quand le président constitutionnel Jean Bertrand Aristide a été renversé, expatrié par la force et conduit en Afrique par une coalition des secteurs les plus rétrogrades du pays. Coalition soutenue et financée par la France et les États-Unis, honteusement avalisée par des forces d’occupation de l’ONU. Dans ce sens, ce qui s’est passé au Honduras n’est pas très nouveau, mais c’est le fait le plus récent qui a disposé d’une grande diffusion et d’un rejet unanime, issu en grand partie du travail de plainte et d’opposition de la population et du refus de presque la totalité des pays d’Amérique Latine.

En termes stratégiques, ce qui s’est passé au Honduras est un coup porté à L’alternative Bolivarienne pour les Peuples de Notre Amérique (ALBA) et au projet boliviarien, chapeauté par le Venezuela. C’est un avertissement pour tous les gouvernements de la région, s’ils ne se plient pas aux dispositions impérialistes des États-Unis et de ses entreprises, ils courent dans un avenir proche le même risque que le président Zelaya.

Dans le putsch du Honduras a conflué une accumulation de circonstances très variées, qui met en lumière ce qui est en jeu : empêcher, comme on l’a déjà dit, la confortement de l’ALBA, inverser le refus du gouvernement de Zelaya de privatiser l’entreprise Hondutel [4] et de la céder à un capital transnational, jeter à terre la prétention de Zelaya de supprimer la base militaire américaine de Palmerola [5] pour la réorienter et ainsi créer le principal aéroport civil de Tegucigalpa [6], supprimer l’accord signé avec Cuba avec lequel le Honduras devait lui acheter des médicaments génériques bon marché, ce qui a rendu les multinationales pharmaceutiques tellement furieuses qu’elles ont fini par appuyer le putsch.

Les États-Unis étaient intéressés pour renverser Zelaya, et son renversement a été fait avec la participation de ses dirigeants politiques et militaires, il faut tenir compte que l’armée hondurienne est un soutien inconditionnel des USA depuis des décennies, que le Commando Sud américain réalise des exercices avec l’armée hondurienne [7] et enfin que les corps d’élite honduriens ont été formés et entraînés par la CIA et le FBI, et qu’ils partagent leurs traditionnelles valeurs anticommunistes et antipopulaires [8].

Le putsch du Honduras fait comprendre une chose : en marge de la rhétorique pseudo démocratique du Prix Nobel de la Paix (sic), les États-Unis reprennent leur bonne vieille habitude d’appuyer les régimes les plus autoritaires et antipopulaires, avec l’aide des pays qui lui sont inconditionnels. Et malgré leur crise hégémonique au niveau mondial, ce que font les États-Unis c’est de s’accrocher avec plus de force au contrôle de leur pré carré et d’avertir tous les gouvernements nationalistes de la région sur ce qu’il les attend s’ils ne se soumettent pas aux intérêts étasuniens et qu’ils ne doutent que les États-Unis n’hésiterons pas à utiliser tous les moyens nécessaires pour atteindre leurs objectifs, y compris l’usage direct de la force.

Bien qu’ayant eût un discours apparent de rejet, les États-Unis ont donné un appui tacite, grâce à une politique d’usure, aux putschistes honduriens jusqu’à légitimer les élections truquées qui se sont déroulées fin de novembre 2009, dont les gouvernements les plus abjects de la région, comme ceux de la Colombie, du Pérou, de Panama et du Costa Rica se sont empressés de reconnaître [9].

Pour qu’il n’y ait aucun doute quant aux forces internationales qui appuient le putsch au Honduras, il suffit de mentionner que des entrepreneurs américains ont annoncé, à travers Lloyd Davidson, conseiller d’entreprises en matière technologique, que "enlever Zelaya a été ce qu’il fallait faire parce qu’il n’y aurait pas eu d’avenir avec lui". Dans le même genre, les sénateurs républicains se sont exprimés en applaudissant la décision du gouvernement d’Obama [10] de reconnaître les élections putschistes du 29 novembre avec lesquelles le putsch a été légitimé.

C. Les bases militaires

Dans l’idée de la guerre mondiale pour les ressources, les États-Unis ont décidé de renforcer leur présence militaire en Amérique Latine, et pour cela ils ont mis en application diverses mesures, parmi lesquelles on distingue la réactivation de la IV Flotte pour se repositionner sur les océans entourant le continent, la réalisation de manoeuvres conjointes avec les armées de la région, et surtout, l’établissement de bases militaires, comme cela a été officiellement fait en Colombie, comme il est également projeté de le faire au Panama.

Ce dernier fait constitue un summum, jamais auparavant un territoire sud-américain n’avait atteint un tel degré d’ingérence militaire de la part des États-Unis, même en pleine période de Guerre Froide durant la seconde moitié du XXe siècle. Mais cette présence militaire est également indirecte par le soutien inconditionnel aussi bien en armement qu’en politique au régime colombien, avec pour objectif d’établir sur le sous-continent un équivalent du rôle que tient Israël au Moyen-Orient. En l’Amérique Latine une double stratégie militaire se combine : d’un côté, obtenir des bases pour effectuer les opérations militaires de grande envergure qui permettent le contrôle territorial de tout le continent latino-américain et un déploiement rapide jusqu’au cap Horn, en disposant des technologies de guerre les plus avancées (comme les avions sans pilotes, les radars de grande portée, les systèmes de satellites espions, etc). D’un autre côté, le fait de ne pas utiliser les bases militaires comme par le passé, avec une forte présence de ses propres troupes, mais utiliser les armées locales (cf la Colombie) et les groupes de mercenaires et d’assassins sous contrat innocemment dénommés “entrepreneurs“ [11]. C’est clairement une des clauses établie par l’accord honteux qu’a signé le régime illégal uribiste avec ses maîtres américains le 30 octobre 2009, dans lequel est accordée une impunité absolue aux militaires et aux mercenaires militaires et administratifs déployés sur le territoire colombien (Article VIII).

Avec ce pacte, en dehors d’avoir complètement abandonné la souveraineté territoriale de la Colombie aux États-Unis, dans la pratique un protectorat militaire s’est établi au moyen duquel “les autorités de la Colombie permettront aux États-Unis l’accès et l’usage des installations et des emplacements, sans paiement de loyer, ni coûts semblables” (Article IV), avec l’emploi des aéroports du pays, sans que les aéronefs et les navires des États-Unis n’aient à payer aucun tarif et “qu’ils n’aient à se soumettre à aucun un abordage ni inspection” (Article VI).

Bien sûr, que la transformation de la Colombie en porte-avions terrestre des États-Unis lui accorde une domination militaire nouvelle sur tout le continent latino-américain et inclus des possibilités réelles d’aller jusqu’à l’ouest de l’Afrique. Si on ne pèche pas par la prétendue ingénuité dont le gouvernement d’Obama fait preuve, les porte-parole du régime uribiste et les prête-noms intellectuels, académiques et journalistiques de l’impérialisme, ont voulu nous vendre l’idée que les bases sont établies au bénéfice de tout le continent et sous prétexte d’affronter le narcotrafic et les mouvement insurgés.
Bien qu’elle vont en effet combattre le narcotrafic et les mouvements de rebellion on ne met pas en place des opérations d’une telle grandeur, on n’y investit pas tant de dollars [12] simplement pour un problème purement colombiano-colombien. L’objectif est autre : il s’agit de disposer d’un dispositif qui permet d’accéder aux territoires stratégiques où se trouvent des ressources naturelles (comme le Venezuela, la Bolivie, l’Équateur, le Paraguay, la forêt amazonienne, parmi d’autres). C’est ce que reconnaît sans détour un document de la force aérienne des États-Unis, daté de mai 2009, dans lequel on peut lire qu’avec la base de Palenquero ils cherchent “à améliorer la capacité des États-Unis de répondre rapidement à une crise, d’assurer l’accès régional et la présence américaine” afin de garantir “l’accès à tout le continent de l’Amérique du Sud à l’exception du cap Horn”. Avec cela, il existera “une occasion unique pour les opérations de large spectre dans une sous-région critique de notre hémisphère, où la sécurité et la stabilité sont sous la menace constante des insurrections terroristes financées par le trafic de stupéfiants, les gouvernements anti-américains, la pauvreté endémique et les fréquentes catastrophes naturelles”.

Cela confirme simplement ce qui est dit par le Commando Sud du Pentagone par rapport au Venezuela en 2007 : “Trois nations, le Canada, le Mexique et le Venezuela, font partie du groupe des quatre principaux fournisseurs d’énergie aux USA, les trois se situent dans l’hémisphère occidental. Conformément à la Coalition for Affordable and Reliable Energy, dans les deux prochaines décennies les États-Unis auront besoin d’une production de 31% supplémentaires de pétrole et de 62% supplémentaires de gaz naturel, et l’Amérique Latine se transformera en leader énergétique mondial de production de gaz et de pétrole avec ses vastes réserves pétrolières”.

D. La guerre contre le Venezuela a commencé il y a longtemps, nous en sommes à “la quatrième génération”

Avec tous les éléments signalés dans cet essai, il n’est pas difficile de conclure que l’objectif prioritaire des États-Unis est le Venezuela parce qu’il réunit deux conditions tentantes : posséder l’une des plus grandes réserves de pétrole du monde et disposer d’un gouvernement indocile, qui a démontré avoir une politique nationaliste et fortement anti-impérialiste, comme il l’a démontré, entre autres faits, avec son rôle dans la renaissance de l’OPEP, sa posture critique face aux crimes de l’État d’Israël (comme cela est arrivé avec l’action criminelle “plomb durci” fin 2008 début 2009), son impulsion dans l’ALBA, son rôle principal dans la mise en place de l’UNASUR, sa politique de solidarité pétrolière avec différents pays et son rapprochement à Cuba.

Contre les lieux communs, qui sont devenus dominants en Colombie, sur le danger supposé que le Venezuela représente pour la paix régionale et en tant que principal promoteur du réarmement en Amérique du Sud, on doit dire que le vrai danger est représenté par le régime uribiste ou, pour être plus exacts, les États-Unis qui sont le plus grand marionnettiste qui opère au travers de sa marionnette colombienne. Les données les plus élémentaires le montrent : La Colombie est aujourd’hui l’un des trois pays les plus militarisés du monde, avec Israël et le Burundi, le PIB destiné à la guerre par le régime uribiste atteint 6.8%, tandis que celui du Venezuela est de 1.2%, en Colombie presque 15% du budget national est dépensé pour l’armée, alors qu’au Venezuela ce budget représente une part de 4%, l’armée qui s’est le plus développée sur le continent est celle de la Colombie qui, avec celle du Brésil, est la plus grande de toute la région. L’unique pays sud-américain qui dans les dernières décennies a lancé une attaque militaire contre un autre est la Colombie : en mars 2008 quand l’Équateur a été attaqué et que 26 personnes ont été assassinées, parmi celles-ci un équatorien, quatre mexicains et 21 colombiens. Un bombardement sur le sol équatorien auquel, comme l’a vérifiée depuis une commission équatorienne, les États-Unis ont participé en utilisant la base de Manta [13].

Mais il ne s’agit pas seulement de constater le vrai danger pour la stabilité régionale, mais d’ajouter que la guerre ne va pas être livrée dans un futur immédiat, puisqu’elle se déroule déjà contre le Venezuela depuis plusieurs années. Parce que nous ne parlons pas d’une guerre conventionnelle, par laquelle on peut aussi passer c’est une possibilité que l’on ne peut écarter. Mais d’un autre type de guerre, ce que les théoriciens militaires étasuniens ont appelé guerre de la quatrième génération. Ce type de guerre, non conventionnelle, est mise en application dès 2002 contre le gouvernement de Hugo Chávez, si nous prenons comme point de départ le coup d’État manqué d’avril 2002. Ensuite, il faut considérer tout le déploiement même de ce type de guerre, dans laquelle on recourt aux actions de basse intensité, au sabotage permanent, à la guerre médiatique, au discrédit systématique du gouvernement bolivarien, entre autres stratégies [14].

Le terme guerre de la quatrième génération a commencé à être utiliser en 1989, quand William Lind, avec quatre officiers de l’armée et du Corps d’Infanterie de Marine des États-Unis, a publié un document portant le titre : “Le visage changeant de la guerre : vers la quatrième génération”. L’essence de cette doctrine militaire, et du type de guerre qui se livre dans la pratique, est celle-ci : elle développe une confrontation irrégulière jamais déclarée de manière officielle, de type contre-insurrectionnelle, où se combine l’action de groupes opérants décentralisés, experts dans la contre-insurrection, avec l’action de groupes irréguliers de type paramilitaire, dans des actions de sabotage et d’usure. Ces actions son complétées par la guerre médiatique et psychologique, impulsée par les grands groupes de propagande (comme CNN, au niveau mondial, et RCN Y CARACOL, à une échelle locale en Colombie, ou les canaux privés au Venezuela même). La manipulation des renseignements, les mensonges programmés et la désinformation font fondamentalement partie des dispositifs de la guerre de quatrième génération. Une offensive diplomatique, autre facette de cette guerre, est également mise en oeuvre, dans laquelle on fait aussi appel au mensonge et à la désinformation, comme le font aujourd’hui le gouvernement des États-Unis et celui de la Colombie contre le Venezuela, en divulguant des calomnies comme celle qui assure que le principal danger pour la sécurité du continent est le gouvernement de Chávez, qu’il aurait converti son pays en sanctuaire du narcotrafic et du terrorisme, et qu’il est une dictature qui ferme les médias et limite la liberté d’expression.

En conclusion, dans ce type de guerre irrégulière et non reconnue, similaire à celle qu’avaient déployé les États-Unis contre le Nicaragua durant les années 80, l’impérialisme du nord se sert de l’un de ses prête-noms locaux, le gouvernement uribiste, part de l’adage “diviser pour mieux régner” et compte sur l’appui inconditionnel de l’oligarchie colombienne, qui aspire à gagner quelques miettes pour sa prostration inconditionnelle, parmi celles-ci l’approbation d’un Traité de Libre Échange, dont elle a la nostalgie depuis quelques années, ainsi que le renforcement de son modèle de rentier exportateur lié de manière prioritaire à des multinationales étasuniennes. Bien sûr, l’élément essentiel qui explique la guerre contre le Venezuela agencée par l’oligarchie colombienne, c’est la haine et la peur que suscite la révolution bolivarienne à l’impérialisme américain et à ses coryphées. Parce que le Venezuela met en avant la nécessité de construire un modèle d’organisation sociale différent dans lesquelles sont revendiquées la redistribution de la richesse, l’amélioration des conditions de vie de la majorité de la population, l’ébauche d’autre type de relations internationales et une souveraineté sur les ressources naturelles du pays.

Cela dit, ce qui est typique d’une guerre de basse intensité : le régime uribiste tout bourreau et agresseur qu’il est, se montre comme la victime qui souffre des coups de ceux qui sont présentés comme ennemis de la nation colombienne, prétendument représentée par les traître à la patrie les plus vils que nous ayons eu dans notre tragique histoire de dépendance. Ceux-ci viennent de remettre aux États-Unis sur une plateau d’argent le peu de souveraineté qui nous restait, pour nous transformer comme Puerto Rico, en un autre "État libre associé", euphémisme se référant à une nouvelle forme de colonialisme, auquel nous nous sommes rendu deux siècles après la proclamation de notre première indépendance vis à vis de l’Espagne. José Martí avait trop raison quand il a affirmé que notre continent avait besoin d’une deuxième indépendance et que Bolivar avait encore beaucoup à faire sur ces terres.

E. Conclusion

Que le régime uribiste ait transformé la Colombie en cinquième colonne de la domination impérialiste des États-Unis, ce qui s’exprime avec la remise de notre souveraineté territoriale et la cession de nos principales ressources économiques à des entreprises multinationales, n’est pas seulement un déshonneur mais un fait qui va dans le sens inverse des processus nationalistes qui se développent dans divers lieux d’Amérique Latine, comme au Venezuela, en Bolivie et en Équateur. Mais ceci n’est ni plus ni moins une fatalité ni quelque-chose d’irréversible, parce que cela génère de nouvelles conditions pour que prenne corps en Colombie un processus d’indépendance nationale et de récupération de notre souveraineté de la part de tous ceux qui n’acceptent pas de devenir un protectorat yankee, à la manière de Puerto Rico, et qui refusent d’être soumis à la brutalité des “morphinomanes blonds”, comme Augusto César Sandino avait appelé les envahisseurs américains il y a quelques dizaines d’années.

Dans cette idée, la domination impérialiste renouvelée en Colombie devient l’occasion de récupérer un sentiment d’identité nationale anti-impérialiste pour la défense de notre territoire et de nos ressources, en concordance avec la lutte que l’on doit livrer en parallèle contre le capitalisme ganster qui s’est implanté sur le sol colombien. Ce capitalisme narcotrafiquant qui est également appuyé par le pouvoir impérialiste a fait des milliers de morts, de disparus, d’exilés et de prisonniers, et il a fait croître la misère, l’inégalité au sein de la population colombienne. En contrepoint il est nécessaire de continuer à chercher la construction d’un autre type de pays, qui se conjugue comme il y a deux cents ans avec les autres pays de la région qui cherchent actuellement un autre destin, indépendant, juste et souverain, comme l’ont rêvé Simón Bolívar, José Martí, Francisco Morazán et Che Guevara.

Renán Vega Cantor

Source : Prensa Rural "Crisis y contraofensiva imperialista de Estados Unidos en América Latina"
Traduction : Primitivi


[1Voir l’interview de James Petras, professeur de sociologie à l’Université Binghamton de New York, par Radio 36 (radio uruguayenne) : "La posture militaire des États-Unis est un péril pour tout le continent américain"

[2Sur ce point nous ne sommes pas d’accord, les militaires sont bien sur scène, mais ce sont les oligarques hondurien qui tirent les ficelles. Dernière preuve en date : l’ex-chef d’état major de l’armée hondurienne Romeo Vásquez Velásquez qui avait fomenté le coup d’État avec Micheletti a démissionné et à été remercié par l’actuel président "élu" du Honduras Porfirio Lobo qui lui a offert l’entreprise Hondutel (voir la note plus bas sur Hondutel). Même si les militaires ont agi en tant que force contre-subversive et ont mis en place des escadrons de la mort, qui actuellement exécutent à tour de bras, la direction du putsch à toujours été civile et oligarque, secondée par la sphère politique et les multinationales étasuniennes

[3Voir l’article de Chomsky sur ce pointe : "Pacification" présidentielle en Amérique Latine

[4Voir la note plus haut et lire "Honduras : entreprises, taxes et militaire"s

[5Raté, en avril dernier les États-Unis ont ouvert la base de La Mosquita, deuxième base US au Honduras profitant du fait que les élections scélérates ont arrêter de faire des remous à l’étranger.

[6Il faut dire que l’aéroport de Tegucigalpa est un des plus dangereux au monde.

[7En septembre 2009, après le putsch de juin 2009 donc, l’armée hondurienne a été conviée à participer aux manoeuvres "Panamax 2009" par le Commando Sud US, bien que Washington ait annoncé en août son intention de suspendre toute coopération militaire avec le Honduras. Voir "Le Commandement Sud des États-Unis invite le Gouvernement de facto hondurien à participer à des exercices militaires"

[9Outre les USA, les premiers pays à avoir reconnu le gouvernement putschiste hondurien sont Taïwan, le Pérou, le Panama, le Costa Rica, et Israël

[10Obama a lâché le président Zelaya pour un poste d’ambassadeur au Brésil et un poste de sous-secrétaire d’État de l’émisphère sud. Postes dont l’attribution à ses partisans était bloquée par un certain nombre de Républicains ultra-conservateurs siégeant au Congrès, dont le sinistre Jim DeMint. Pour avoir plus de détail sur les différent parlementaires supporter voir "Honduras : Qui appuie Micheletti et le gouvernement de facto ?", c’est assez affligeant.

[11Voir à ce propos l’article "Blackwater en Colombie" écrit par Eva Golinger

[12Pour la base de Palenquero le budget que les États-Unis ont consacré pour 2010 s’élève à 46 millions de dollars pour la modifier et l’adapter aux nécessités de l’armée yankee

[13Voir "Correa appelle l’armée à se préparer pour résister à de possibles attaques". La base de Manta était située en Équateur. Son bail est arrivé à terme en 2009, Correa le président équatorien ne l’a pas reconduit et la base a dû fermer. On peut supposer que les États-Unis n’ont pas du tout apprécié cet affront.

[14Mouvement de propagande et de désinformation que nous connaissons également bien en Europe puisque ce ne sont pas seulement les États-Unis qui mènent ce genre de stratégie contre le Venezuela mais tout les pays de l’OTAN, l’Occident en général.

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