Colombie élections : Il y aura une second tour.

Je partage sur :

Ce dimanche avaient lieu les élections présidentielles en Colombie. Elections sous forte pression puisque les affaires de paramilitaires et de narcotrafic se rapprochent de plus en plus d’Alvaro Uribe, actuellement au pouvoir et représentant du Partido U.

Le candidat du Partido U à ces élections est un autre homme très controversé l’actuel Ministre de la défense Juan Manuel Santos. Il faut noter que M. Santos n’est candidat que parce que la tentative de modification de la Constitution par Uribe en septembre dernier afin de briguer un troisième mandat successif (un dictateur en puissance ?) a finalement été déclaré inconstitutionnel et rejeté par la haute cour de Colombie.

La Colombie est bien connue pour sa violence endémique, violence largement entretenue par la politique interne, mais également pour son trafic de cocaïne malgré le plan anti-drogue étasunien et l’installation de multiples bases militaires US. Le pays est le plus grand allié des États-unis dans la région, ce qui le place dans une position similaire à celle d’Israël au Proche-Orient.

Ce sera le 20 juin prochain. Les candidats Juan Manuel Santos [1], du Parti U parti de Uribe, et Antanas Mockus [2], du Parti Vert [3], se disputeront la présidence.

Juan Manuel Santos arrive en tête après avoir obtenu 46,5% des suffrages, Antanas Mockus se place en seconde position avec 21,5% des votes.

Aucun des candidats n’a atteint la moitié des votes. Pour ce motif 30 millions de Colombiens décideront le 20 juin prochain qui sera le successeur d’Álvaro Uribe comme président du pays.

Seulement 47% des votants sont venus aux urnes ce week-end [4].

Voici les résultats du premier tour, transmis par Prensa Latina, en accord avec les données fournies par le Registraduría Nacional de l’État Civil de Colombie.

Informations générales :

Urnes installées 72.727 100.00%
Urnes rapportées 72.517 99.71%
Potentiel des suffrages 29.983.279 100.00%
Total des suffrages 14.764.362 49.24%

Résultats par candidat :

Candidats - Votes - Pourcentage
Juan Manuel Santos - 6.758.539 - 46,56
Antanas Mockus - 3.120.716 - 21,49
Germán Vargas Lleras - 1.471.377 - 10,13
Gustavo Petro - 1.329.512 - 9,15
Noemí Sanín - 892.323 - 6,14
Rafael Pardo - 636.624 - 4,38
Jairo Calderón Carrero - 33.924 - 0,23
Robinson Devia González - 32.080 - 0,22
Jaime Araujo Rentería - 15.701 - 0,10
Total votos por candidatos - 14.290.796 - 98,45
Votos en blanco - 224.355 - 1,54
Total votos válidos - 14.515.151- 98.31
Votos nulos - 171.703- 1,16
Tarjetas no marcada - 77.508- 0,52
Total votos - 14.764.362- 100.00

Source :
Agencia Pulsar "Habrá segunda vuelta en Colombia"
Prensa Latina "Resultados de elecciones presidenciales en Colombia"
Traduction : Primitivi


[1Juan Manuel Santos, économiste est pour l’instant Ministre de la Défense. Il est partie prenante du concept au combien fumeux de "sécurité démocratique" d’Uribe, c’est également à lui que l’on doit l’expression de "faux positifs" pour désigner les civils tués par les paramilitaires ou l’armée pour ensuite faire passer leurs cadavres pour des guerilleros afin de gonfler les chiffres. Suivant il serait également impliqué dans une affaire de préparation de coup d’État en Colombie contre le président Ernesto Samper (1996-2000), affirmations confirmées par Myles Frechette, ex-ambassadeur US à Bogota. Voir "Honduras / Colombie : Quand le vice-président colombien, demandait un "Bloc paramilitaire"". Attention à ne pas le confondre avec le vice-président Francisco Santos, qui lui est mêlé a une affaire de paramilitaires.

[2Avant d’être politicien Antanas Mockus est mathématicien et philosophe.

[3Attention ça n’est pas un parti écolo, c’est juste la couleur choisie

[4Comme au Chili l’abstention est énorme en Colombie, et beaucoup de personnes ne sont même pas inscrites, à la fois parce qu’elles ne croient plus les politiciens, mais aussi parce qu’une partie de la population, illettrée, n’est pas ou mal informée de ses droits. Cette population est principalement rurale, c’est celle qui a le plus subit les assauts et les atrocités des paramilitaires, des militaires et des guerillas. C’est donc également celle chez qui la politique de "sécurité démocratique" de Uribe a fait le plus de victimes.

Sur le même thème