Haïti : Brésil, Chili, pays de l’ALBA.. l’Amérique Latine dénonce l’invasion de Haïti par l’armée nord-américaine

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L’ambassadeur du Chili à Port-au-Prince Marcel Young a critiqué "l’excès d’agressivité des nords-américains, qui oublient que Haïti est un pays souverain". Déjà les gouvernements de France, du Brésil, de la Communauté d’États des Caraïbes (CARICOM), de l’ Union Européenne et de l’Alliance Bolivarienne pour les peuples de l’Amérique (ALBA) ont manifesté leur préoccupation en ce qui concerne l’excessive présence des troupes des États-Unis à Haïti. « Si Haïti ne réagit pas, il peut se transformer en une seconde base militaire dans le continent américain », a signalé le Vice-président de la Bolivie Alvaro García Linera.

Les gouvernements de France, du Brésil, la Communauté d’États des Caraïbes (CARICOM), l’Union Européenne et l’Alliance Bolivarienne pour les peuples de l’Amérique (ALBA) ont manifesté leur préoccupation en ce qui concerne la présence excessive de troupes des Etats-Unis à Haïti. Ce ne serait pas la première fois que Washington envahit militairement un pays pauvre en profitant de son malheur.

Les États-Unis ont envoyé près de vingt mille soldats (de la 82ème Division Aéroportée de l’Infanterie de l’Armée)dans ce pays des Caraïbes frappé par le pire séisme de son histoire.

En outre, la grande puissance a envoyé à Haiti ses porte-avions USS Carl Vinson, son navire hôpital de l’USNS Marine Comfort et une unité de l’Infanterie de Marine avec deux mille effectifs déployés face aux côtes haïtiennes. Et comme si cela ne suffisait pas, le président Barack Obama a donné l’autorisation pour que soit fait appel à des réservistes pour les incorporer aux troupes à Haïti.

Arrivent à Haïti : le navire d’assaut amphibie USS Bataan (LHD 5), les bateaux de débarquement amphibies USS Fort McHenry (LSD 43) et USS Cas Hall (LSD 50), ainsi que les soldats de la 82 Division Aéroportée de l’Armée des États-Unis, formés pour assurer la sécurité et gérer des émeutes.

Selon Michel Chossudovsky du Global Research, les principaux acteurs « de l’opération humanitaire » américaine sont : le Département d’État, le Département de Défense et l’Agence pour le Développement International (USAID) qui canalise l’aide du Programme Alimentaire Mondial. (Rebelión)

Toutefois, ce ne sont pas les agences gouvernementales civiles comme FEMA ou USAID qui dirigent l’opération humanitaire globale, mais le Pentagone par le biais du Commandement Sud (SOUTHCOM).

« Tout le monde sait que les Marines sont avant tout des guerriers, (mais) nous sommes également miséricordieux quand nous devons l’être, et c’est un rôle que nous aimerions jouer : celui de guerriers miséricordieux qui arrivent avec la main tendue pour aider celui qui en a besoin. Nous sommes plein d’enthousiasme pour cette mission », a déclaré le Porte-parole des Marines dans un communiqué de presse le 14 janvier 2010 (Rebelión).

La Communauté internationale, et surtout l’Union Européenne, a laissé entrevoir son malaise face aux tentatives de Washington pour jouer le premier rôle et a exigé que l’ONU définisse la fonction de chacun, a reporté l’agence Prensa Latina.

Plusieurs dirigeants et analystes critiquent la priorité accordée par les contrôleurs du terminal aérien au mouvement des troupes et des avions des Etats-Unis, au détriment de l’aide étrangère.

Le chef de l’aide humanitaire de l’ONU, John Holmes, a reconnu que beaucoup d’aéronefs ont été déviés vers la République dominicaine, dont certains du Programme Alimentaire Mondial, mais a assuré que la coordination avec les autorités américaines s’améliore, surtout en ce qui concerne les opérations de l’aéroport de Port-au-Prince, géré par du personnel américain.

Le Département d’État a essayé de calmer les critiques de la présence excessive de ses troupes en diffusant un document dans lequel le président haïtien, Querelle Preval, sollicite Washington, l’ONU et les partenaires internationaux, pour qu’ils apportent leur secours, autant que nécessaire, pour augmenter la sécurité interne.

Beaucoup d’analystes observent que Washington profite de l’absence totale de gouvernement à Haïti pour légitimer l’envoi d’une force militaire puissante, laquelle a assumé de facto la direction de l’opération humanitaire mondiale.

« Comme j’écris dans The Shock Doctrina (la doctrine du choc), les crises sont des prétextes pour imposer des politiques qui ne peuvent pas s’installer dans des conditions de stabilité. Dans des périodes de crises extrêmes, les peuples désespérés d’aide humanitaire ne se trouvent pas dans une position favorable pour négocier les termes de cette aide », a commenté le journaliste américain Naomi Klein dans le programme Democracy now ! conduit par Amy Goodman.

Klein a révélé que la Heritage Foundation, une fondation de la classe dominante américaine, a conseillé de profiter de la tragédie : « Au milieu de la souffrance, la crise à Haïti génère des opportunités pour les États-Unis. En plus de fournir une aide humanitaire immédiate, la réponse des États-Unis devant le séisme tragique est une occasion pour restructurer l’économie et le gouvernement haïtiens, dysfonctionnels depuis longtemps, en plus d’améliorer l’image des États-Unis dans cette région », a jugé Heritage dans sa page Web.

Selon le Vice-président bolivien, « L’état haïtien continue à céder des tâches administratives à un gouvernement qui a toujours profité de tendre la main et finalement prendre tout le bras. Si le Haïti ne réagit pas il peut se transformer une seconde base militaire dans le continent américain ».

« Pour atterrir à Haïti nous demandons autorisation au gouvernement américain, ils contrôlent l’aéroport et le port. Durant cinq heures, nous avons parcouru les rues et nous n’avons vu aucun soldat des États-Unis occupé à lever une pierre ou du ciment effondré. Alors, l’on se demande : pourquoi plus des milliers d’hommes s’ils n’aident pas les familles ? Ils sont seulement dans des zones centrales. Notre crainte est que cette présence militaire américaine soit permanente », a alerté García Linera.

Le Venezuela a demandé à la Maison Blanche plus des médecins et moins militaires pour aider les victimes de la catastrophe. Ce dont a besoin Haïti, c’est d’une aide économique, des médecins, des gens qui travaillent ; et non pas des militaires, a affirmé le mandataire bolivien.

Le dirigeant nicaraguayen Daniel Ortega a exprimé des craintes que les Américains utilisent la tragédie pour occuper militairement ce pays appauvri.

García Linera a dit que la région doit assumer une position commune et rejeter tout type de présence militaire à Haïti « qui est purement et simplement une nuisance » et « une agression pour le continent ».

Source : larevolucionvive.org.ve
Traduction : Paulette Matkovic, pour larevolucionvive.org.ve