Honduras : Jackeline Foglia Sandoval, analyste en chef du Bataillon 3-16

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L’organisation d’un escadron de la mort ne dépend pas que de tueurs brutaux et sanguinaires, son travail (éliminer l’opposition au sein de la population et développer une atmosphère de terreur) s’appuie sur les données récoltées en amont afin de définir le plus précisément possible qui doit être éliminé afin de mener la politique de terreur la plus efficace.

Au Honduras, Jackeline Foglia Sandoval a tenu se rôle en 1987, elle était chef de la Section Analyses du Bataillon 3-16. Elle a permis de définir et de localiser les citoyens considérés comme "subversifs" par l’État et donc pris en compte comme "objectifs militaires" ce qui les rendait éligibles pour être pris en charge par l’escadron de la mort.

Dans cet article la COFADEH, organisation de défenses des droits de l’homme au Honduras, s’inquiète de la reprise de service de ce genre de personnage et lance un avertissement sur les conséquences probables de leur réactivation.

Alerte peuple hondurien

La conjoncture nationale actuelle révèle les choses qui mettent en danger la vie de nombreuses personnes si elles passent inaperçu, tel est le cas des militaires faisant parti de l’Escadron de la Mort 3-16 qui se considèrent maintenant comme les portes-drapeau de la Constitution de la République appelés pour remettre en pratique leur vieille stratégie de la terreur.

C’est le rôle que joue Jackeline Foglia Sandoval, qui a fait partie de la Structure 3-16 en 1987 en tant que chef de la Section Analyses, selon l’accord N° 02-81 du 12 janvier 1987, cette information peut se trouver dans le rapport “Los hechos hablan por sí mismos”[“Les faits parlent d’eux-même”], présenté en 1993 par Leo Valladares, Commissaire National aux Droits de l’Homme.

Le travail de la Section Analyses dans le cadre de la Doctrine de Sécurité Nationale n’était pas moins que de compiler les profils des civils qui étaient considérés comme objectifs militaires, ceux qui par la suite disparurent, furent assassinés ou torturés.

Le danger vient du fait que ces méthodes de terreur peuvent être à nouveau mises en application pour commettre des violations des droits de l’homme.

Jackeline Foglia Sandoval
(photo : COFADEH)

Actuellement Jackeline Foglia Sandoval mène silencieusement son travail sur Internet où elle lance des appels à ses collèges militaires pour qu’ils viennent se joindre “à la défense de la patrie”.

Les organisations des Droits de l’homme signalent qu’en 1987, on a fait disparaître, les citoyens honduriens Luis Antonio Rodríguez, Cosme Osorio Murillo, Martín Antonio Lazo M., Julio López, Marco Tulio Sosa, José Estanley Castellón et René McClellan Andino. Leurs parents attendent encore qu’on leur rende justice.

D’autres données sur Foglia Sandoval signalent qu’en 1980 elle a commencé ses études à l’Académie Militaire de West Point aux États-Unis et que de 1984 à 1995 elle a été officier dans l’armée du Honduras, intégrant de multiples unités militaires.

Il y a de sérieuses préoccupations face à la résurgence de ces violeurs des droits de l’homme dont les crimes attendent encore leur châtiment, mais qui continuent dans la plus totale impunité grâce à la complicité d’instances de l’État qui ont initialement le devoir de faire juger ce genre de délits, mais dont le comportement se limite à danser la danse du pouvoir.

Nous lançons un appel au peuple hondurien pour ne pas oublier ces faits détestables et de rester attentif afin d’identifier ces personnages qui cherchent aujourd’hui à se faire valoir comme défenseurs des intérêts du peuple.

COFADEH

Source : COFADEH "Alerta al pueblo hondureño"
Traduction : Primitivi


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