Honduras : L’ambassadeur brésilien à l’OEA s’énerve contre les putschistes, Micheletti voit son passé d’escroc remonter à la surface.

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L’ambassade brésilienne à Tegucigalpa est toujours assiégée par la police et l’armée, l’ambassadeur brésilien à l’OEA s’en offusque et exige la fin de ces tortures particulièrement vicieuses.
Dans le même temps la directrice de la Bibliothèque Nationale du Honduras fait ressurgir de ses archives quelques affaires dans lesquelles ont été impliqués des membres du putsch.
Mais pour la population la répression continue, apportant chaque jour son lot d’injustices et d’arrestations arbitraires, le CEJIL (ONG d’amérique latine) s’en émeut, déplore la mort d’un syndicaliste, et condamne les violations des Droits de l’Homme et la censure.

L’ambassadeur du Brésil à l’OEA exige la fin de la "torture" à laquelle est soumis l’ambassade brésilienne au Honduras

Washington, le 21 octobre (EFE).- L’ambassadeur du Brésil à l’OEA, Ruy de Lima Casaes e Silva, a exigé aujourd’hui la fin de la "torture" à laquelle sont soumis les fonctionnaires et le personnel qui se trouve dans l’ambassade du Brésil à Tegucigalpa, et dans laquelle est logé le président Manuel Zelaya depuis le mois de septembre.

Il s’agit d’une attaque "inhumaine", a dit le représentant du Brésil devant l’Organisation des États Américains (OEA), il a raconté devant le conseil de l’organisation hémisphérique comment "ils ont progressivement intensifié les techniques de torture" contre ceux qui se trouvent dans l’ambassade.

L’ambassadeur a signalé les "lourdes restrictions" aux droits de l’homme imposées aux personnes qui se trouvent assiégées dans la légation.

L’ambassade, où la nourriture arrive au goutte à goutte, est assiégée par des forces policières et militaires depuis que Zelaya y a été admis, le 21 septembre dernier.

Les maisons voisines du siège diplomatique ont été évacuées pour "faciliter les mesures de restriction", dont les coupures d’eau et de lumière.

En plus, de l’attaque au gaz lacrymogène et avec d’autre gaz non identifiés ou des attaques sonores qui ont eu lieu les premiers jours, se sont ajoutées, comme le décris l’ambassadeur, "des tortures psychiques" par l’utilisation de puissants projecteurs pointés vers fenêtres de l’ambassade durant la nuit et aux bruits intenses produits par les assiégeants qui empêchent les fonctionnaires qui sont à l’intérieur de dormir et de se reposer.

[NDT : Vidéo prise de nuit au niveau de l’ambassade, on entend bien que les bruits, musique, coup de sifflets, sonneries de cloches sont assourdissants. Terrible et en même temps ridicule... (Vidéo du 21 octobre 2009)]

Il explique également qu’un des projecteurs est directement pointé sur la fenêtre de la pièce où se trouve Zelaya, que bien qu’elle soit recouverte par des revues, du papier aluminium et des sacs en tissu noir "l’intensité de la lumière est insupportable".

Un autre projecteur pointe sur le garage où se trouve le personnel de l’ambassade, ces perturbations lumineuses sont accompagnées par des bruits intenses provoqués par des klaxons qui sont actionnés toute au long de la nuit et d’autres bruits provoqués par les policiers en imitant des sons d’animaux pour empêcher que les occupants de l’ambassade puissent dormir.

De plus, il a fait remarquer que 24/24h il y a des agents armés, montés sur deux plate-formes hydrauliques installées en face de l’ambassade, qui voient clairement l’intérieur de l’édifice et qui y contrôlent tous les mouvements à l’aide de jumelles.

En ce qui concerne la nourriture, il a déclaré que sa distribution est "limitée", elle vient préparée à l’extérieur, elle est vérifiée et sentie par des chiens, si bien qu’elle n’est pas toujours livrée immédiatement, même parfois elle reste au soleil pendant des heures ce qui à un moment donné a déclenché une épidémie de diarrhées aigües.

Lima Casaes a "déploré" les actions du gouvernement de facto et elle a exigé "la fin de la situation de torture à laquelle sont soumis les citadins brésiliens et honduriens" à l’intérieur de l’ambassade,

De la même manière il a rappelé que l’article 2 de la Convention Interaméricaine pour la Prévention et le Châtiment de la Torture indique bien que nier la personnalité de la victime ou diminuer sa capacité physique ou mentale "constituent aussi une torture" bien qu’ils ne causent pas de douleur physique ou d’angoisse psychique.

Les ambassadeurs et les représentants des 33 pays qui sont actuellement membres de l’OEA ont montré leur appui au Brésil et dans leurs interventions individuelles ont demandé que le gouvernement de facto cesse l’attaque de l’ambassade.

Source : Vos El Soberano / EFE Embajador de Brasil ante la OEA exige fin de la "tortura" en embajada en Honduras
Traduction : Primitivi

En 1980 Micheletti avait été arrêté pour escroquerie sur les tarifs des autobus.

Le tout-puissant président de facto du Honduras, Roberto Micheletti, avait été arrêté en septembre 1980 par la "Force de Sécurité Publique" (FUSEP) pour avoir falsifier les comptes des transports public ; brièvement, il avait été inculpé d’escroquerie. [NDT : en même temps il n’est pas le seul Zelaya compte le massacre de Los Horcones a son actif[2]]

Député à l’époque, il était busero et président de la Transportes Union Progreseña S.A. (TUPSA), l’entreprise au sein de laquelle il est associé et actionnaire et c’est aussi l’entreprise qui sous ses ordres a modifié le tarif du transport public juste au moment où la côte nord du Honduras vivait une crise dû aux graves inondations causées par la pluie.

Les documents évoquant le passé obscur du névrotique Micheletti (il avait été demandé son évaluation psychiatrique à cause de son instabilité mentale), ainsi que celui du voleur de voitures de luxe Romeo Vasquez Velázquez [3] et que les 5000 dollars mensuels que reçoit depuis 2001 le cardinal conjuré Oscar Andrés Rodríguez Maradiaga [4], ont été massivement publiés sur internet récemment par la directrice de la Bibliothèque Nationale du Honduras, Natalie Roque.

Comme il fallait s’y attendre, Natalie a été limogée par la ministre de facto de la Culture, des Arts et du Sport, Myrna Castro parce que "Natalie Roque avait fouiné dans le passé hondurien [1]".
[NDT : Le 9 octobre dernier Mme Roque, historienne de métier, s’était vue, ainsi que ses collègues chercheurs et chercheuses, interdire l’accès du Centre de Recherche en Histoire Hondurienne parce que la même Ministre de la Culture organisait un ’événement culturel officiel’, voir l’article en espagnol]

La détention de Micheletti ne dura que quelques heures grâce à la pression et à la demande d’autres buseros et d’environ 2 000 imbéciles utiles du Parti Libéral qui s’étaient réunis face aux bureaux de la FUSEP pour demander la libération immédiate de l’escroc.
D’un autre côté, il semble pathétique que la Chambre de Commerce et l’Industrie du Progrès (Honduras) aient octroyé au corrompu Micheletti le prix "Progressiste 2006"... (cela me rappelle la pitrerie qu’a donné à voir la droite corrompue salvadorienne quand elle a donné le prix "Fils Méritant" [NDT : équivalent de la Légion d’Honneur] au coyote et ex-président, frère Toby... pardon, Tobyletti, ou quand les mêmes voulaient donner cette même distinction au créateur des escadrons de la mort, au plus grand assassin dont a accouché le Salvador, Roberto D’aubuisson. Il semblerait que la droite adore rendre les honneurs aux hommes corrompus et aux assassins !).

D’autre part, il est tout à fait ironique et même triste que ce furent les mêmes pauvres qui avaient été escroqués par Micheletti et qui furent parmi les 2 000 imbéciles utiles convoqués par le Parti Libéral pour demander la liberté immédiate de l’escroc jusqu’à ce qu’ils l’obtiennent et qu’ils sortent Micheletti de la prison en le chargeant sur les épaules comme s’il s’agissait d’un héros ! Mais vraiment comment se fait-il qu’il y ai encore des gens aussi bêtes dans ce monde... que ferait la droite sans ces gens ? Ce sont ceux qui tombent tout cuit dans le bec des putschistes et des partis-narcos l’ARENA, le PCN et le PCD au Salvador.

Source : Vos El Soberano Micheletti fue arrestado por busero estafador en 1980
Traduction : Primitivi

Le CEJIL condamne la mort d’un syndicaliste et la fermeture de programmes radio

Le Centre de Justice Internationale – CEJIL – regrette la mort du syndicaliste Jairo Ludín Sánchez Gómez, décédé récemment après avoir été blessé par balle par les forces armées au moment où elles dispersaient une manifestation pacifique réalisée par le Front de Résistance contre le Coup d’État, ainsi que la fermeture des programmes radio de trois organisations féminines, de plus le CEJIL met en cause les violations persistantes des droits de l’homme part le gouvernement de facto.

Dans un communiqué, l’organisme regrette que la crise politique s’accompagne de violations répétées des droits de l’homme par rapport à la population et exige une investigation pour les assassinats qui ont été commis.

Ci-dessous le communiqué intégral :

Les violations contre les droits de l’homme continuent au Honduras

Le Centre pour la Justice et le Droit International manifeste son souci profond de la persistance des violations aux droits de l’homme au Honduras.

Les comportements du gouvernement de facto continuent d’affecter l’exercice des droits fondamentaux comme le droit à la vie et le droit à la liberté d’expression.

La dernière victime mortelle de la crise hondurienne est le syndicaliste Jairo Ludín Sánchez Gómez, qui est décédé le 17 octobre après qu’il eut été blessé par balle le 23 septembre, quand les forces de la police et de l’armée ont dissous une manifestation pacifique organisée par le Front National de Résistance contre le Coup d’État à Tegucigalpa.

“Nous exigeons une investigation exhaustive pour faire éclater la vérité sur ce qui est arrivé et pour identifier, accuser et sanctionner les responsables de ce fait grave. Nous lançons un appel pour que cesse la répression et la criminalisation de la contestation sociale au Honduras”, a dit Viviana Krsticevic, directrice exécutive du CEJIL. Les fermetures des espaces informatifs qui ont adoptés une position critique par rapport au gouvernement de facto sont également très inquiétantes.

En effet, vendredi dernier, le 16 octobre, trois programmes radiophoniques ont été déprogrammés, tous produits par les organisations féminines, dans lesquels était discuté la situation que vit le pays et qui dénonçaient les violations des droits de l’homme commises dans le contexte du coup d’état, spécialement contre des femmes.

La fermeture des programmes “Aquí entre chonas”, “Tiempo de hablar” et “La Bullaranga”, a été communiquée aux organisations féminines du Mouvement de Femmes pour la Paix Visitación Padilla, du Centre des Droits de Femmes (CDM) et du Centre d’Études de la Femme section Honduras (CEM-H) par le biais d’un fax provenant de l’administration de la radio Cadena Voces , propriété d’ex-président hondurien Ricardo Maduro.

La clôture a été justifiée par le décret 124-2009, émis par le gouvernement de facto le 5 octobre dernier, lequel il autorise à révoquer ou à annuler les permissions ou les licences aux stations de radio ou de télévision qui “émettent les messages qui génèrent une apologie de la haine nationale, l’affectation de biens juridiques protégés, ainsi que l’apologie d’un régime d’anarchie sociale contre l’état démocratique appellant à attenter à la paix sociale et aux droits de l’homme”.

L’avocate Marcia Aguiluz, du CEJIL, a signalé que : “Nous avons demandé des mesures de protection à la Commission Interaméricaine des Droits de l’homme pour préserver le droit à s’exprimer des femmes qui participent à ces émissions. De plus, nous avons demandé à la CIDH qu’elle ordonne à l’état de suspendre immédiatement l’application de l’Accord Exécutif No 124-2009 et tout autre acte qui a pour objectif et/ou conséquence immédiate la fermeture des programmes précités ou la cessation de leur transmission, puisque ce type de mesures attentent aux obligations de l’état du Honduras en tant que pays signataire de la Convention Américaine sur des Droits de l’Homme”.

Au moment où se met en place un dialogue entre le gouvernement de facto et le gouvernement constitutionnel, marqué par contexte de violation des droits de l’homme, il est indispensable de garantir aux honduriennes et aux honduriens l’accès à une information plurielle.

En faveur de cela, le CEJIL espère que le gouvernement de facto révoque l’adoption de ce type de mesures et mette en place des actions visant à garantir la jouissance des Droits de l’Homme pour toutes les habitantes et tous les habitants du Honduras.

Source : Revistazo CEJIL condena muerte de sindicalista y cierre de programas de radio
Traduction : Primitivi

[1]
En juillet dernier, suite au putsch ; Mme Roque avait fait ressortir plusieurs affaires des archives de la bibliothèque. Ce qui évidemment n’avait pas du tout plus aux nouveaux maîtres du Honduras.Voici les histoires citées dans l’article de tercerainformacion.es parlant du limogeage de Natalie Roque.
Puisque quasiment personne ne connaît l’histoire du Honduras, nous y compris, nous allons faire un petit tour d’horizon des affaires boueuses remontées par Mme Roque pour tenter d’y voir peut-être un peu plus clair...

[2]
Le massacre de los Horcones lz 25 juin 1975 [en][es]. Le massacre de Los Horcones eu lieux près du ranch Los Horcones (appartenant à Zelaya) dans lequel ont été tué 14 personnes des paysans, des étudiants et des représentants religieux dont le père Ivan Betancourt et le père Zypher qui étaient en visite. D’après la journaliste qui a enquêté sur cette tragédie, le massacre a été déclenché à cause d’un différent entre des grands propriétaires terriens et l’activisme social de l’église locale à ce moment là. 8 personnes furent arrêtées, accusées de meurtres puis relâchées car amnistiée en 1980. Parmis elles on compte José Manuel ’Mel’ Zelaya, ainsi que Carlos Barh, Chinchillay Plata.

[3]
Le général Romeo Vásquez Velásquez, l’actuel chef d’état-major et ancien élève officier de l’Ecole des Amériques comme le signale le très bons site SOAWatch [en] a été suspecté[es] mais non condamné faute de preuve pour assassinat, séquestration, narco trafic et vol de voitures dans une affaire datant de 1993 [es] [es], de ses complices il n’y a eu qu’un seul condamné le colonel Wilfredo Leva Cabrera, condamné à 85 ans de prison et 11 non-lieu en plus de celui de Velásquez faute de preuve : Marvin Renieri Vásquez Velásquez, Elis Rosa Urrea, Rolando Rosa Urrea, Carlos Alfredo Pereira, Pedro Mauricio Lazo, Javier Armando Midence Martínez, Dolores Adrián Murillo Lazo, Juan Guillermo Ramos Serrano Ardón, Rubén Enamorado Chacón, José Ramón Velásquez, Alberto Reyniery Laitano.

[4]
Le cardinal Oscar Andrés Rodríguez, en [date à retrouver] le prêtre Justo Milla dénonçait que l’évêque de l’époque Oscar Andrés Rodríguez avait caché le massacre du Río Sumpul au Salvador, où des militaires honduriens et du Salvador ont assassiné 600 paysans [es].
Roberto Micheletti, en 1985 ce dernier à voulu mettre en place une Assemblée Constituante exactement ce qu’il reproche actuellement à Zelaya.
Il y a donc cette affaire d’escroquerie avec la TUPSA et une autre histoire, de narco trafic cette fois, colle à Micheletti [fr]