Honduras : Témoignage du chef de la police putschiste

"Il y a eu un putsch et les militaires sont au pouvoir" Daniel Molina, porte-parole de la police
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Daniel Molina, révèle dans une conversation dans les environs de l’Ambassade du Brésil : "Ici il y a eu un putsch avec les militaires, nous ne sommes pas au commandement, mais si vous regardez le pays nous sommes au commandement, nous sommes à la maison présidentiels, mais nous permettons qu’ils parlent et parlent, mais en réalité nous avons le commandement. Et où il y a un bureau civil, il y a un civil mais c’est un militaire qui commande"

(la vidéo est à la fin de la transcription)

Note des auteurs : Cette vidéo a été réalisé d’une manière clandestine, dans une conversation informelle avec le Commissaire Daniel Molina, aux environs de l’Ambassade du Brésil à Tegucigalpa.

Daniel Molina (D.M.) : Cette situation a été complexe, j’étais à la dernière conférence de Mel pour la quatrième urne, quand les militaires ont dit qu’ils n’allaient pas l’appuyer. Lui a dit que la police allait l’appuyer, à moi on m’a commandé de rester dans cette conférence de rester derrière Mel, c’était le 27 juin. Les gens ont commencé à parler et il me tombe trois mille messages pour me demander « Moline comment c’est possible, tu es un homme sérieux, comment tu peux appuyer ce monsieur pour cela ».

D.M. : Et maintenant c’est au contraire la résistance de mon quartier qui se met en face de ma maison, en face de la maison de ma maman. A moi ils sont venu me dire « assassin fasciste, n’oublie pas que ta famille est sur la liste ». Alors moi je leur dit que je les connais déjà et que s’ils niquent ma maison je ne vais pas sortir ni avec un casque ni avec du gaz, je vais sortir en tirant des coups de feu. Ici les groupes qui appuient Mel sont ceux qui ont toujours fait la guerre

[…]

D.M. : La crainte de la Communauté Internationale n’est pas qu’ils restituent Mel, c’est que les militaires [NDT : des autres pays] regardent l’exemple du Honduras, ils vont tous vouloir faire un putsch, voilà le problème.
Par exemple ici il y a eu un putsch avec les militaires, nous ne sommes pas au commandement, mais si vous regardez le pays nous sommes au commandement, nous sommes à la maison présidentielle, mais nous permettons qu’ils parlent et ils parlent, mais en réalité nous avons le commandement. Et où il y a un bureau civil, il y a un civil mais c’est un militaire qui commande.

Interviewer : Comment est-il possible si la police et les militaires sont pauvres ils soient contre de la quatrième urne ?

D.M. : Pauvres dans quel sens ?

Interviewer : Dans le sens qu’ils sont de pauvres gens, les gens riches sont les Larach, les Facussé.

D.M. : Ah oui oui, je vois, ce qui se passe c’est qu’il y a les classes. Ici il y a les officiers qui vivent bien, ils ont leur bonne maison, leur voiture, leurs privilèges,...(leur entreprise aussi)

[...]

D.M. : Je suis loyaliste, je le reconnais, je suis loyaliste à 90%. Il [NDT : Mel] a fait des choses que d’autres enculés n’ont pas fait. Les autres enculés volaient et vivaient, ce fils de pute volait et offrait.

D.M. : Le fils de pute arrivait dans un village et il donnait mille, deux mille pesos. Je suis loyaliste, et ce qui se passe c’est qu’il y a des situations légales qui doivent s’accomplir dans le pays. Et si l’autorité compétente dit qu’on ne peut pas le faire, on ne peut pas le faire. S’il y a un consensus national et que l’autorité compétente dit... Frangin si l’autorité compétente dit qu’on ne peut pas le faire, on ne peut pas le faire.

D.M. : Le putsch, le putsch a fait des erreurs. La seule chose qu’à repenti cet enc...é c’est qu’il voulait attenter, parce que la Constitution inclus...La Constitution dit que toute personne qui tente de la changer on peut lui imposer des responsabilités pénales...
D.M. : Sur quoi Mel a dit, qu’ils m’arrêtent, et comme il savait qu’elles étaient les forces armées. La police nationale est très liée à l’armée, résulte alors, c’est mon sentiment, que par loyauté, pour éviter les inconvénients, comme il était très obsédé par cela, il voyait cela très positivement [NDT : la 4° urne]. Au final nous l’avons pris. Et voilà que tout à coup l’avoir capturé pose un problème.
[...]

Note des auteurs : Ce témoignage de reconnaissance du coup d’état au Honduras, de la part de l’un des principaux agents de l’actuel gouvernement dictatoriel, n’aurait pas été possible en organisant un entretien formel.
Voir ici l’interview des deux journalistes auteurs de la caméra cachée.

Source : Vos El Soberano y Television Canal 8 Venezolana "Si hubo golpe y los militares están en el poder"
Traduction : Primitivi