Salut SID

Sid est mort.
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Militant acharné de l’INDECOSA CGT à la cité de la Busserine, l’Association pour l’information et la défense des droits des consommateurs et salariés, Primitivi a travaillé à ses côtés pendant 2 ans.
Grognon invétéré, combattant infatigable, il nous avait donné sa confiance. On perd un copain et camarade.
Salut SID

Sid est mort.
Il tenait le local d’INDECOSA-CGT à la Busserine. Organisation qui s’occupait infatigablement de défendre les droits des locataires et les actions de mobilisation du quartier.


https://indecosacgt13marseille.wordpress.com/

On aimerait bien rendre un modeste hommage à un incontournable, indéboulonnable parfois grognon du quartier, qui après s’être un peu demandé ce qu’on venait chercher ici, nous avait donné sa confiance. Il savait être affectueux et était bien content qu’on soit là.

Primitivi s’était associé à Sid et l’association des locataires de Picon Busserine pour tenir des ateliers de formation à la vidéo. Pendant plus de deux ans nous l’avons accompagné lui et d’autres (Big up ! à Amel) dans le combat quotidien des habitant.es pour un quartier vivable et digne.

Ces ateliers se sont déroulés dans le cadre du doctorat sauvage :
Faire nous-même le récit de notre histoire, de nos luttes, de nos efforts. - Former des habitants pour qui cette tâche à du sens.
- Lutter contre l’invisibilisation et le dénigrement dont les médias dominants accablent les quartiers populaires,

Ce film a été réalisé avec les habitants des cités de Picon-la Busserine-St Barthélémy3, notamment lors de la fête de quartier organisée le 28 mai 2016.

Il apparaît dans cette chronique, dédiée au combat des habitants contre l’absence de concertation, le phasage illisible et incohérent, les travaux aux rabais et les malfaçons dans le cadre des travaux interminables d’un vaste projet ANRU auquel s’ajoutait le chantier pharaonique de la rocade Est L2. Sid nous avait alors fait visiter la cité dévastée par le chantier.

Très rapidement, dans son local nous avons disposé du matériel nécessaire au tournage et au montage. Nous n’avions alors plus besoin d’apporter notre matériel. Avec Amel, première avec Sid a participé aux ateliers nous avons commencé a filmer dans le quartier et notamment les "concertations" de l’ANRU et de la rénovation du quartier. Elles devaient et ont servi à nourrir les arguments des habitants face à l’incompétence et la très souvent malhonnêteté de leurs interlocuteurs. Toutes les semaines, nous nous retrouvions au local de Sid. Les caractères et les plannings s’entrechoquaient. Quand nous étions là Sid continuait de suivre activement les demandes des habitants. Parfois on était un peu largué et on ne savait pas trop si l’atelier était le truc indispensable à faire à ce moment-là.
Le local était un espace ouvert, il n’était pas que question de logement, il y avait du soutien scolaire, des ordinateurs en accès gratuit, le café et les gâteaux qui vont avec.

Dans la vidéo ci-dessous, Sid, Lisa et Fati (de la fondation Abbé Pierre) sont allés dans un appartement largement envahit par la moisissure et les champignons. L’appel téléphonique de Fati au bailleur aura permis à la famille habitant là de changer d’appartement.

Tous ces jours passés avec Sid dans son quartier nous aura permis de réaliser plusieurs chroniques de l’aider à mettre en place le site d’indecosa, d’organiser là-bas une rencontre avec Thierry Deronne et de participer à différents événements publics.

On perd un ami, mais aussi un militant infatigable, comme les quartiers populaires en ont tant besoin.
Mort du COVID, Sid s’en est allé et son corps a été rapatrié à Oran, sa terre d’origine, où il a été inhumé. Salut SID !












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