Là où scintillent les ombres
Un film de Thomas Hakenholz
80 min | HD | 2026 | France
Production : Primitivi
Distribution : Primitivi
Pınar Selek, sociologue et conteuse, est harcelée depuis vingt-huit ans par l’État turc qui l’accuse d’un attentat qui n’a pas eu lieu. Elle a passé la moitié de sa vie en pleine lumière médiatique dans un scénario qui n’est pas le sien. Pour ne pas vivre enfermée, elle a dû quitter sa ville, Istanbul, et s’exiler.
Malgré tout, elle n’a jamais cessé de résister et continue de vivre sa propre histoire, où l’on parle de trésors et de magie. Où raconter nos rêves et nos désirs c’est se donner de la puissance. En l’accompagnant sur ce chemin, nous voilà entrainés dans une quête de liberté.
Réalisation : Thomas Hakenholz
Image : Thomas Hakenholz
Prise de son : Sylvain Dumaine, Julian Sanchez
Montage : Yasemin Akıncı
Création sonore : Chloé Guilbert
Musique originale : Isabelle Courroy
Mixage : Hugo Debriel
Étalonnage : Thomas Hakenholz
Production (structure) : Primitivi
LE CONTEXTE
Pınar Selek, militante infatigable de la liberté, a été arrêtée et torturée en 1998 pour livrer des noms de militants Kurdes avec qui elle menait une recherche sociologique. Devant son refus, elle a été emprisonnée puis accusée d’être la commanditaire d’un attentat dans le marché aux épices d’Istanbul. Malgré que ses avocats aient démontré qu’il s’agissait d’une explosion accidentelle et non d’un attentat, que le dossier était monté de toutes pièces, avec des faux témoignages et des preuves fabriquées, après avoir été acquittée quatre fois avec non lieu, l’État turc s’acharne et veut à tout prix lui faire endosser un rôle de terroriste. Il lui intente en 2023 un cinquième procès, qui dure encore en 2026.
Le réalisateur du film, Thomas Hakenholz, est d’abord parti à Istanbul en tant que vidéaste, membre du Collectif Primitivi, afin de médiatiser la présence de la délégation internationale à la première audience du procès. Il a aussitôt mesuré l’importance d’aller plus loin en racontant qui est Pınar Selek, et combien son combat pour la liberté et contre les pouvoirs autoritaires est un symbole qui fait écho dans l’actualité du monde.
L’IDÉE DU FILM
Pınar refuse ce rôle dans lequel l’enferme la logique répressive du pouvoir. Nous tenons à distance le récit de sa vie confrontée à la violence d’État et à l’absurdité la plus totale, car, comme elle le dit, il s’agît là d’une histoire qui n’était pas la sienne. Ce film est une rencontre au présent avec Pınar Selek. Il est une incursion dans son monde politique et poétique. Pour garder un sens, elle s’est appuyée sur la parole, l’imagination et l’action. Inspiré par ses mots et ses images, le réalisateur propose une expérience cinématographique sensible qui prend des airs de fable documentaire.
Pınar vient de prendre conscience qu’elle n’a jamais achevé la recherche universitaire qu’elle avait menée auprès de la jeunesse kurde et qui avait motivée son arrestation et sa torture. Elle décide de recommencer sa recherche et de reprendre la parole. Elle dit qu’elle doit retirer le trésor du puits où il était enfoui pour l’exposer au vu et au su de tous. Nous la suivons dans un cheminement intime et thérapeutique de récit de soi, à travers l’écriture, pour remettre au premier plan les sujets que veut occulter le pouvoir turc. Cela nous conduit ensemble à nous interroger sur la notion de liberté et sur la manière de la mettre en pratique malgré les empêchements.
Au cours du film, un glissement s’opère vers une zone où la limite entre réalité et imaginaire devient floue. En proposant de répondre au désir de Pınar de vivre sa vie comme un conte, à la lisière du réalisme et de la fiction, Thomas Hakenholz introduit l’idée que l’imagination permet d’autres possibles, et ouvre ainsi des brèches de liberté.
Quand les pouvoirs autoritaires gagnent du terrain et que notre champ de vision se rétrécit, il reste la poésie pour agir notre liberté.

