Fin de concertation Euromed

Ah bon, ça avait commencé ?
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Hier, une "réunion publique" venait officiellement marquer la "fin de la concertation sur Euromed 2", le deuxième volet de la grande opération immobilière marseillaise. Accueillis par des policiers en grand appareil, d’autres en civil, et un service de sécurité privé, les habitants avaient le droit de venir écouter des représentants leur dire ce qu’ils avaient entendu lors de cette "concertation". Et puis après ? Après, rentrez chez vous, de toute façon, tout est déjà bouclé.

Nous publions ici une vidéo qui vous montre un peu l’ambiance de cette réunion : langue de bois, défiance et amertume côté habitants et militants. Suivie d’un texte écrit par le collectif "on se laisse pas faire".

Euromed, la concertation avec les habitants est une mascarade.

Un projet dont les grandes lignes sont bouclées.

L’extension d’Euroméditerranée sur le 2e périmètre a commencé en décembre 2007. La “concertation” n’intervient qu’en octobre 2012. Entre temps le projet d’aménagement de l’urbaniste Leclerc a été adopté.

Le cadre est pré-établi et ne peut pas être remis en cause. L’objectif est de créer 30 000 logements, dont la majorité ne seront pas accessibles aux bas revenus, et d’implanter de nouvelles activités de “services à haute valeur ajoutée” (conseil, audit, informatique, banque, finance, assurance... ) avec à terme 500 000 m2 de bureaux.

Nous dénonçons l’impact de ce projet. On ne change pas le “standing” d’un quartier sans éloigner (éradiquer ?) les activités et les populations actuelles, c’est mentir que de prétendre le contraire.

Les promesses qui n’engagent à rien :

Lors des réunions publiques d’information, les élus font des promesses : “Après les transformations, les commerçants du marché aux puces pourront conserver des superficies égales au même loyer” (Propos tenus par Samia Ghali le 9 mars 2012 face aux commerçants du marché aux puces). “Comme pour le projet ANRU, on s’assurera que les personnes qui paient des loyers minimes ne se retrouvent pas à payer des loyers plus cher” (Propos tenus par Samia Ghali le 3 octobre lors de la réunion publique de concertation).

L’expérience sur le terrain démontre le contraire :

• Sur le premier secteur le déroulement du projet d’Euromed a conduit à l’expulsion de locataires et de commerces qui n’ont pas pu supporter la hausse des prix.

• Actuellement, l’ilôt Bon Pasteur à la Porte d’Aix, est en phase d’expropriation. Les propriétaires des murs se voient obligés de vendre au prix du domaine. Les commerçants locataires auront pour nouveau propriétaire Euromed qui mettra fin progressivement aux baux commerciaux. Aucun accompagnement ne leur est apporté, on leur propose de prendre des avocats pour faire valoir leurs droits (mais évidemment, le droit est en faveur d’Euromed qui est autorisé à réaliser les expropriations dans le cadre d’une Opération d’Intérêt National).

• Les travaux sur la voirie se font dans le plus grand mépris des habitants actuels. Rue d’Anthoine les habitants sont cloîtrés chez eux. Euromed qui a racheté les immeubles de logements de cette rue, compte, à terme, en vider les locataires actuels.

• Dans les quartiers de la Busserine et des Flamants l’application du projet ANRU entraîne des hausses de loyer et les habitants sont confrontés en plus à la hausse de la taxe d’habitation.

• Dans un rapport émis en avril 2012 l’Autorité Environnementale dénonce que contrairement aux 20% de logements sociaux annoncés sur le futur “Parc Habité” à Arenc, la répartition des surfaces îlot par îlot ne laisse prévoir que 15% de logements sociaux. Par ailleurs, nous ne disposons d’aucune information sur le type de logement social... s’agit-il de PLAI accessible aux plus bas revenus ou de PLI s’adressant à des cadres moyens aux revenus mensuels de 2000 € à 6000 € ?

La concertation est totalement encadrée et ne donne pas la voix aux habitants.

Un questionnaire orienté avec des réponses pré-établies sur la future “ÉcoCité” a été distribué. Qui ne désire pas un quartier agréable avec des logements de qualité, des transports, des espaces verts et des services de proximité ? Quel intérêt de répondre à ces questions ?

Pourquoi ne pas aborder les questions qui fâchent ? Quelles activités et quelles populations pourront assumer le standing du nouveau quartier ? Une seule question est ouverte : “Quels types d’activités doivent accueillir les bureaux de l’ÉcoCité Marseille Euroméditerranée ?”. L’objectif de faire un quartier de bureaux n’est pas discutable... on peut juste choisir à quelle sauce nous serons mangés...

Collectif On se laisse pas faire


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