Bolivie : les États-Unis terre d’asile des terroristes réactionnaires

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Les États-Unis continuent de donner refuge à des fugitifs boliviens malgré leur politique "antiterroriste".

Un leader de l’opposition bolivienne, accusé d’avoir des liens avec une groupe terroriste qui prévoyait d’assassiner le président Evo Morales l’an dernier, s’est enfui aux États-Unis, comme en a informé le Service de Migration de la Bolivie. Le pays nord-américain, a donné refuge aux ex-présidents et aux ex-ministres boliviens jugés pour le massacre de paysans durant les mouvements sociaux de 2003.

Branko Marinkovic, qui est sorti de Bolivie et s’est réfugié aux États-Unis. (Photo : archives Telesur)

Malgré le fait que les États-Unis soumettent à d’intenses contrôles les voyageurs de 14 pays dans leur lutte supposée contre le terrorisme, un ex-leader de l’opposition bolivienne et complice présumé d’une groupe terroriste, Branko Marinkovic, est sorti de Bolivie et s’est réfugié aux Etats-Unis le 26 juillet 2009.

Ainsi en a informé le Service Bolivien de Migration, qui a confirmé le refuge de Marinkovic aux États-Unis au Ministère public de la Bolivie.

La Justice bolivienne a dénoncé le fait que Marinkovic est le principal financeur et le complice d’une groupe terroriste démantelée l’an dernier dans le département de Santa Cruz, qui projetait l’assassinat du président Evo Morales.

De la même manière, le Service de Migration a indiqué que Branko Marinkovic est sorti de la Bolivie par l’aéroport international de Viri Viru de Santa Cruz, par un vol qui avait pour destination la ville de Miami.

Le président bolivien, Evo Morales, a responsabilisé le corps de police de son pays pour la fuite de Marinkovic, le 26 janvier dernier il a insisté sur le fait qu’il est nécessaire d’avoir "une nouvelle doctrine" pour que les effectifs policiers et militaires soient organisés, "pas seulement pour poursuivre des hommes politiques ayant des comptes à régler avec la Justice, mais aussi pour les délinquants qui ont fait mal au pays".

Marinkovic est le sujet d’une enquête pour ses connexions avec une cellule terroriste dirigée par le boliviano-croate-hongrois Eduardo Rózsa Flores.

L’annonce de la fuite de Marinkovic a été faite un jour avant qu’une mise en examen [1] soit émis par le Ministère Public bolivien à son encontre pour les délits de soulèvement armé et de terrorisme [2].

"Lundi à la première heure nous avons présenté une mise en examen contre Branco Marinkovic, peu de temps après il a été déclaré en rébellion", a indiqué Marcelo Soza, le procureur en charge de l’affaire, mardi dernier face à la presse.

Le procureur bolivien, Marcelo Soza, a confirmé que Marinkovic avait des liens avec le groupe terroriste (Photo : Eabolivia)

Soza a annoncé qu’il procédera à la mise sous scellés préventive des biens de Marinkovic, que suivant l’enquête il apparait qu’il a financé la cellule terroriste composée d’étrangers et des boliviens comme Mario Tadic, arrêté dans l’opération antiterroriste d’avril, aux côtés du hongrois Elod Tóasó, les deux hommes étant actuellement emprisonnés dans la prison de San Pedro.

Le 16 avril 209, un groupe d’Unité Tactique de Résolution de Crise (UTRC) de la Police bolivienne a pénétré dans l’hôtel Las Américas (Santa Cruz) et il a arraisonné un commando paramilitaire dirigé par Rózsa Flores et financé par Marinkovic, aux côtés d’autres conspirateurs.

Durant l’assaut des forces de police ont été tués Rózsa Flores, Michael Dwyer (Irlandais) et Árpád Magyarosi (Romano-hongrois), qui projetaient l’assassinat de Morales.

Dans l’étude que les enquêteurs gouvernementaux ont faite on a vérifié que Marinkovic a remis 200 000 dollars US aux terroristes pour l’achat d’armes.

En 2006 Marinkovic a aussi financé des groupes opposés au gouvernement bolivien, qui en septembre de la même année ont provoqué de graves incidents à Santa Cruz et dans d’autres départements du pays.

Aux États-Unis, se trouvent également réfugiés les ex-préfets de l’opposition Manfred Reyes Villa et José Luis Paredes, eux aussi sollicités par la justice bolivienne.

Reyes Villa s’est enfui aux États-Unis vers le milieu du mois de décembre dernier [3], après avoir participé aux élections présidentielles, et a allégué que le gouvernement de Morales entreprenait une persécution politique.

Le jugement à l’encontre de Reyes Villa, de l’ex-président Gonzálo Sánchez de Lozada (2002-2003), de ses ministres et des chefs militaires est une poursuite pour le massacre d’octobre 2003 à La Paz, quand les mouvements sociaux se sont levés contre la décision d’exporter du gaz naturel aux États-Unis en passant par un port chilien.

En plus de sa responsabilité dans le massacre, pèsent sept chefs d’inculpation sur Reyes Villa, deux dans lesquelles il est mis en examen et un pour lequel la justice a émis un processus coercitif [4].

Evo Morales : "Je regrette beaucoup que le gouvernement d’Obama soit l’éboueur des délinquants de l’Amérique latine". (Photo : archives Telesur)

Devant cette vague de fugitifs, hôtes des États-Unis, le président Evo Morales a déclaré le 25 janvier dernier que les États-Unis sont les "éboueurs à délinquants".

"Je regrette beaucoup que le gouvernement d’Obama soit l’éboueur des délinquants de l’Amérique Latine", a dénoncé le président bolivien.

Morales a exhorté Obama, à expulser ces hommes politiques boliviens qui ont des comptes à rendre à la justice bolivienne et qui se trouvent dans son pays.

"Je ne sais pas comment Obama peut faire retrouver de la dignité à son pays quand des délinquants s’y échappent. Il doit les expulser", a insisté Morales.

Voir un complément sur Le Grand Soir : Dénoncé pour terrorisme en Bolivie, Marinkovic trouve refuge aux USA

Source : TeleSur "EE.UU. sigue refugiando a prófugos bolivianos pese a su política ’antiterrorista’"
Traduction : Primitivi


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