Chili : la répression policière laisse un jeune sur le carreau

résultat de la répression de la grève nationale initiée par la CUT
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Dans son témoignage, Gerson Gutiérrez, frère de la victime, déclare que vendredi matin durant la manifestation dans le quartier de Macul, un véhicule de la police s’était approché du lieu où se trouvaient les jeunes, et que trois tirs sont partis de ce véhicule, dont un mortel.

Chagrin et impuissance envahissent le foyer de Manuel Gutiérrez Reinoso, 16 ans, touché par une balle vendredi matin à Macul et décédé au Poste 4 où il avait été amené.

Alors que les carabiniers ont indiqué qu’ils n’ouvriront pas d’enquête puisqu’ils estiment qu’ils n’ont aucune responsabilité dans les faits, Gerson Gutiérrez frère de la victime, a quant à lui déclaré que les tirs provenaient d’un véhicule de la police.

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Gerson, jeune homme de 23 ans qui se déplace en chaise roulante, était conduit par son frère vers la passerelle d’Amanda Labarca vers Américo Vespucio, quand une balle a mortellement touché Manuel.

“Les carabiniers empêchaient que les gens aillent vers la zone de Peñalolén où se déroulaient des affrontements, c’est sur ces lieux qu’a été apparu une voiture de carabiniers qui a commencé à tirer (…) j’ai vu un carabinier tirant depuis l’intérieur de l’automobile et il a tiré vers les gens, c’était une patrouille, mon frère m’a dit ‘ils m’ont touché’, ce furent ses mots, il a détaché la main de sa poitrine, elle était ensanglantée et il avait un trou dans la poitrine. Avec l’intention de pouvoir le sauver j’ai tenté de le réanimer, de le réveiller pour qu’il ne s’endorme pas qu’il ne parte pas et il me disait ‘je suis bien, tranquille frèrot, je vais m’en sortir’”, a déclaré Gerson Gutiérrez à la presse.

Mireya Reinoso, la mère de la victime, demande que justice soit faite, elle a martelé “rien ne va me rendre mon fils, mais je pense qu’ils auraient pu tirer en l’air, ils auraient pu s’assurer qui faisaient quelque chose ou pas. Mais je sais que la justice vient d’en haut, c’est une très grande douleur”.

La Defensoría Popular, représentée par l’avocat Washington Lizana, a pris la défense de la famille, qui sont connus dans leur quartier pour leur fervente foi religieuse, en rejetant le fait que le jeune homme ai participé dans les affrontements avec les carabiniers.

À ce sujet, Lizana a déclaré “nous avons vu une violence policière effrénée, c’est un fait qui nous semble très grave et la seule chose que veut la famille c’est la justice”.

Le SML indique une blessure thoracique sans indiquer d’origine

Le Service Médico Légal a indiqué que le décès de Gutiérrez provient d’une “blessure thoracique par un projectile balistique”, comme spéculé dès l’origine. Cependant, le rapport ne donne pas d’information sur l’origine du coup de feu, une enquête sur le calibre de la balle pourrait fournir des données pour l’enquête de la PDI, en indiquant si le projectile provenait d’une arme de carabiniers.

Au sujet de cette hypothèse, le général Sergio Gajardo, second chef des des carabiniers pour la zone métropolitaine, a écarté toute implication de policiers dans le décès du jeune homme. “J’écarte complètement la participation de carabiniers. Je sais qu’il existe une version donnée par quelques personnes qui étaient avec lui qui indique qu’il y aurait eu un véhicule qui serait passé par le lieu où ils se trouvaient, et que ce véhicule avait je ne sais quelle caractéristique, qu’ils attribuent à un véhicule de carabiniers”.

L’officier a déclaré que “pour l’instant il n’y a pas d’enquête interne, parce que nous n’avons aucun suspicion de tir par arme à feu de la part de notre personnel”.

La répression policière a amené à l’arrestation de près de 1 394 personnes. La presse écrite semble peu s’émouvoir de cette mort préférant communiquer sur les déclarations présidentielles.

Source : Radio Universitaire du Chili "Familia insiste en responsabilidad policial en muerte de Manuel Gutiérrez"

Voir aussi Agencia Pulsar "Represión en Chile deja un muerto y más de mil detenidos"