Colombie : Une histoire oubliée, les disparus.

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On comptabilise plus de 60 000 personnes disparues en Colombie dans les 60 dernières années.

Mardi, durant le jour de commémoration de la journée internationale des disparus, Vólmar Pérez défenseur du peuple neogranadino a indiqué qu’en Colombie au 26 août dernier on enregistrait 61 604 cas de personnes disparues depuis 1942 [1]. En seulement deux ans, de 2008 à 2010, on a enregistré 38 255 cas de disparition.

Pérez a précisé au quotidien colombien El Espectador que sur le total des disparus, 14 425 personnes sont des femmes et 47 177 des hommes.
Suivant le Registre National des Disparus 16 655 personnes ont été victimes de disparition forcée. Et parmi ces dernières, 249 ont été retrouvées en vie tandis que 557 furent retrouvées mortes.

Dans un forum organisé par la Commission de Recherche des Personnes Disparues, Pérez a expliqué que ce délit "pouvait être accompagné de torture, violence sexuelle et homicide".

Dans le même temps, le Parquet colombien a indiqué que 3 473 agents [de police] sont suspectés de participations présumées à des violations des droits de l’homme, parmi lesquelles 1 598 homicides et exécutions extrajudiciaires.

Dans son article (traduit ci-après) le webzine kaosenlared publie l’affiche de l’événement avec une image en hommage à Sandra Viviana Cuellar, une environnementaliste disparue en février 2011 sur ordre de ceux qui convoitent les terres pour lesquelles elle luttait : des étendues désertiques, des terrains humides et des rivières mis en danger par l’exploitation multinationale et agro-industrielle. L’outil paramilitaire de l’État colombien et les multinationales assassine et fait disparaître tout ceux et celles qui s’élèvent contre eux pour une revendication sociale, écologique, économique ou politique. Cet outil paramilitaire travaille avec la force publique ; pour assassiner le peuple colombien et particulièrement les défenseurs des droits sociaux et des droits de l’homme, les environnementalistes, les syndicalistes, les étudiants, les professeurs. L’impunité est presque de 100%, la Colombie et l’un des pays où règne une des plus grande impunité du monde.

Les multinationales et les latifunsistes emploient l’outil paramilitaire pour faire taire les revendications contre la spoliation, le pillage et l’exploitation, ils emploient aussi cet outil pour perpétrer d’horribles massacres afin de provoquer des déplacements massifs de populations, et faire main basse sur les terres des communautés rurales. Avec plus de 5,2 millions de déplacés la Colombie est, avec le Soudan, le pays avec la plus grande part au monde de population déplacée de force à l’intérieur du territoire. Aujourd’hui 40% de la Colombie a été mis en concession par le gouvernement pour la méga-industrie minière multinationale, spécialement pour l’industrie minière d’extraction de l’or qui contamine aussi irrémédiablement l’eau.

Le régime colombien arbore aussi 3 terribles "records" qui donnent la mesure de la répression exercée contre sa propre population :

- 60% des syndicalistes assassinés dans le monde le sont en Colombie par les paramilitaire des multinationales et du gouvernement, qui agit dans cette extermination avec le consentement et même la coordination de la force publique.

- il y a 7 500 détenus politiques, parmi lesquels 7 000 sont des civils emprisonnés avec des montages judiciaires grossiers.

- le crime d’État des disparitions forcées perpétré par la "démocratie" colombienne dépasse les terribles chiffres des victimes des dictatures du Cône Sud.


Sources : Prensa Rural et Kaosenlared
Traduction : Primitivi


[1L’ONU n’en reconnaît "que" 57 200.

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