Gilets jaunes de Valence : procès en appel

Communiqué de Stéphane et Tom
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C’était le 8 décembre 2018, ils étaient 4 à se faire arrêter violemment à Valence, au cours d’une des grandes journées de mobilisation des Gilets Jaunes : Dylan, Maria, Stéphane et Tom.
Comme de nombreux Gilets Jaunes, ils ont été envoyé·es en prison préventive avant même le procès et ils ont été lourdement condamnés (10 mois dont 4 fermes, 9 mois dont 3 fermes, 18 mois dont 12 fermes, 12 mois dont 6 fermes, plus 3 ans d’interdiction de manifester).
Stéphane et Tom ont fait appel car ils contestent le verdict et la sévérité de la peine prononcée. Ils seront de nouveau devant la justice le 4 juin prochain, à 14h, à la Cour d’appel de Grenoble. L’audience se tiendra à huis-clos, interdite au public.

Nous reproduisons ici 2 textes, publiés par les camarades de ricochets, média participatif de la Drôme
L’un nous vient de Stéphane et Tom, les 2 Gilets Jaunes (sur 4) qui ont décidé de faire appel de la sanction très lourde prononcé lors de la première audience.
https://ricochets.cc/Proces-en-appel-de-2-Gilets-Jaunes-lourdement-condamnes-en-decembre-2018-a-Valence.html
L’autre du collectif de soutien aux 4 de Valence :

https://ricochets.cc/Proces-en-appel-de-2-Gilets-Jaunes-lourdement-condamnes-en-decembre-2018-a-Valence.html

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Procès en appel de 2 Gilets Jaunes lourdement condamnés en décembre 2018 à Valence

Communiqué de Tom et Stéphane

jeudi 28 mai 2020, par Stéphano.

Bonjour !

Après le report de notre procès en appel en février dernier, du fait de la grève des avocate.s contre la réforme des retraites, l’heure est venue de retourner faire face à la justice et de reprendre le chemin du tribunal, de Grenoble cette fois, plus de 17 mois après notre procès à Valence. L’affaire avait pris le nom du procès des 4 de Valence : Dylan, Maria, Stéphane et Tom.

Le rendu avait été très lourd, nous condamnant tous les quatre à de la prison ferme (de 3 mois à 12 mois) et à 3 ans d’interdiction de manifester. Une condamnation s’inscrivant dans un traitement judiciaire du mouvement des Gilets Jaunes très sévère et pour le moins questionnant. Entre Novembre 2018 et décembre 2019, 10 000 gardes à vue ont été effectuées, 3200 personnes ont été condamnées à de la prison et 300 à de la prison ferme. Du jamais vu en France. Sans parler des nombreux.ses bléssé.es, éborgné.es, démembré.es.

Nous sommes deux, Tom et Stéphane, à avoir fait appel, ne reconnaissant pas les faits pour lesquels nous avons été condamnés (violences en réunion sur personne dépositaire de l’autorité publique) et estimant avec nos avocat.es que la sanction était disproportionnée et injustifiée.
De leur côté, Maria et Dylan n’ont pas souhaité retourner devant la machine judiciaire. Un cinquième Gilet Jaune, jugé plus tard dans la même affaire, a été condamné à 24 mois de prison dont 8 mois ferme et n’a pas fait appel.
Nous serons donc de nouveau à la barre le jeudi 4 juin à 14h à la Cour d’appel de Grenoble.

Pour le moment, le procès est prévu à huis clos mais avec nos avocat.es, nous avons demandé à ce que la salle d’audience puisse être ouverte, avec le respect des mesures sanitaires et de distanciation. A l’heure où les usines, les lieux de cultes, les transports, les centres commerciaux réouvrent leur porte au public, il nous apparaît en effet important et juste que notre procès soit ouvert aux proches, aux soutiens et aux journalistes dans les limites possibles des règles de distanciations sanitaires.

Merci à toutes celles et ceux qui nous soutiennent depuis 17 mois et qui nous donnent l’énergie de rester debout et de ne rien lâcher.

Ensemble, on est nombreux.ses !

Stéphane et Tom

Communiqué du collectif de soutien des « 4 de Valence »

Un an et demi après le premier procès, la solidarité est toujours notre meilleure arme


samedi 30 mai 2020, par Collectif de soutien aux 4 de Valence.

C’était le 8 décembre 2018, ils étaient 4 à se faire arrêter violemment à Valence, au cours d’une des grandes journées de mobilisation des Gilets Jaunes : Dylan, Maria, Stéphane et Tom.
Comme de nombreux Gilets Jaunes, ils ont été envoyé·es en prison préventive avant même le procès et ils ont été lourdement condamnés (10 mois dont 4 fermes, 9 mois dont 3 fermes, 18 mois dont 12 fermes, 12 mois dont 6 fermes, plus 3 ans d’interdiction de manifester).
Stéphane et Tom ont fait appel car ils contestent le verdict et la sévérité de la peine prononcée. Ils seront de nouveau devant la justice le 4 juin prochain, à 14h, à la Cour d’appel de Grenoble. L’audience se tiendra à huis-clos, interdite au public.

Depuis un an et demi, il s’en est passé des choses ! Le mouvement des Gilets Jaunes a tenu, avec ses rendez-vous réguliers et son ardeur, avec une politisation de plus en plus aiguë, à mesure que le pouvoir protégeait fermement les sien·es.
D’autres mouvements sont venus affluer, la lutte des travailleur·euses hospitalier·es, celle des enseignant·es, de la jeunesse (collèges, lycées, facs), mais aussi la lutte des sans-papiers, les mouvements écologistes, les mouvements féministes... et depuis décembre dernier, la lutte contre la réforme néolibérale des retraites.

La répression envers l’expression populaire, grandit de jour en jour.
Nous avons subi, avant le confinement :

- 13 000 tirs de LBD
- 315 blessures à la tête
- 24 éborgné·es
- 5 mains arrachées
- 2 mort·es
- 10 000 gardes à vue
- plus de 2 000 condamnations
- plus de 250 enquêtes visant les forces de l’ordre (pour lesquelles seulement 2 peines avec sursis ont été prononcées)
- nombreuses arrestations pour intimidation de manifestant·es, de militant·es, de journalistes

Depuis, sous couvert de l’état d’urgence sanitaire et en seulement deux mois, on est encore monté d’un cran :

- 1,1 millions de contraventions pendant le confinement
- 1 700 gardes à vue
- remplissage des C.R.A malgré la fermeture des frontières
- prolongation automatique des détentions provisoires
- proposition de loi visant l’interdiction de diffuser les images des forces de l’ordre (les contrevenant.es s’exposant à une amende de 15 000€ et un an d’emprisonnement)

De toute évidence, cette épidémie et l’état d’urgence sanitaire tombent à point nommé pour avancer vers un basculement autoritaire déjà largement entamé.

À l’heure où les centres commerciaux, les lieux de culte et bientôt les lieux de spectacle, les cafés, les restos sont ouverts, les audiences se tiennent à huis-clos, les manifestations sont interdites et l’expression populaire est bâillonnée.

Arrêtons de nous taire, exprimons notre indignation de voir la liberté d’expression bafouée par des banderoles, pancartes, écriteaux aux fenêtres et envoyons nos photos à : temoignages.8.12 chez protonmail.com

Ils déconfinent leurs profits, déconfinons nos mobilisations et notre solidarité !