Grève de la faim au CRA

Témoignages de l’intérieur de la taule pour étrangers
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Continuer et amplifier la solidarité avec les retenus. Samedi 8 septembre, un rassemblement de solidarité s’est tenu devant le CRA. Les retenus ont entendu et ont répondu par des cris. Les matraquages, qui sont en ce moment quotidiens ont repris dès le départ des manifestants. Des témoignages audios et des retranscriptions de conversations téléphoniques suivent.

Une réunion aura lieu ce lundi 10 à 14h à la caserne pour discuter des suites du mouvement de soutien.

LuttedeCRAsse.pdf - cliquer pour télécharger
Brochure très fraichement mise a jour par sans papiers ni frontières. Témoignages jour a jour, prises de positions, pistes de soutiens, ...

- La situation est extrêmement tendue à l’intérieur du Centre de rétention administratif (CRA) du Canet, la prison pour étrangers marseillaise. Les témoignages de brutalités, humiliations et intimidations sont quotidiens. Parallèlement, les démonstrations de solidarité prennent de l’ampleur, même si elles se font, pour le moment, sans l’adhésion des "grosses" associations et réseaux : RESF, LDH (certains membres ont ainsi participé a titre individuel au rassemblement de samedi, mais les orgas n’avaient pas appelé massivement).
Ce soutien crée un rapport de force modeste mais certain, et les retenus l’approuvent et le réclament. Depuis le vendredi 7, les retenus sont en grève de la faim. La grève de la faim se pousuivait aujourd’hui dimanche

Plus d’info sur les épisodes précédents (incendie le 2 septembre, opposition à une expulsion le 5, ...) ici :
http://sanspapiersnifrontieres.noblogs.org/

- Samedi 8, une centaine de personnes se sont rassemblées dans la rue de l’usine qui surplombe le centre, car la rue des peintures qui accède au centre était bouclée par la police. Les manifestants ont diffusé des témoignages sonores de l’intérieur du Centre, et scandé des slogans : "solidarité avec les sans-papiers, solidarité avec les révoltés". "Première, deuxième, troisième génération, on s’en fout on est chez nous !". "Feu aux centres de rétention".
- Depuis l’intérieur du Centre, des cris ont retenti, prouvant que les retenus entendaient ce qui se passait".
- Après la dispersion de la manif, des contacts téléphoniques ont eu lieu. Nous diffusons ci-après deux enregistrements, la retranscription d’autres conversations, ainsi que la brochure "lutte de CRAsse" diffusée lors du rassemblement.

temoignage2-cliquer pour écouter
témoignage1-cliquer pour écouter

- Tu étais dans le centre pendant le rassemblement ?
Oui, dedans, on a commencé à crier, taper sur les portes, on a arraché les
chaises, on a tout fait
on a arraché les chaises, elles sont fixées par terre avec des boulons.
La commandante est descendu pour nous calmer,
elle a dit : « ils se servent de vous dehors, vous êtes ici pour 45 jours
maximum, ne vous suicidez pas,... pour 45 jours vos familles ont besoin de
vous », elle a commencé à nous calmer.

Qu’est-ce que vous en pensez que des gens viennent faire du bruit devant
le centre ?
Ça nous fait du bien, on se sent bien, il y a des gens qui pensent à nous
dehors, il y a des êtres humains qui pensent encore aux autres, ça fait
plaisir, on était très contents.
Ça fait trois jours qu’on n’a pas mangé, parce qu’il y a un collègue qui a
été frappé hier par la police.
Il a été frappé à coups de poing, à coups de pied, par terre. Le mec, il
était à poil.
Y’a un policier qui lui a manqué de respect, il lui a dit : « je t’encule
 », après les policiers lui sont tombés dessus à coups de pieds, à coups de
poings, à coups de matraque , les autres retenus ont jeté la nourriture,
ils ont fait la bagarre, ont fait tombé la porte. Ça, c’était hier soir
(le vendredi 7 sept) à 18h. Depuis on refuse de manger, ça fait trois
jours, c’est la grève de la faim. Il y a que deux mecs qui mangent, un
malade du diabète et un vieux, mais nous tous on fait la grève de la faim,
ni on mange, ni on boit. C’est que dans le bloc où il y a l’embrouille,
aujourd’hui, tout le centre n’a pas mangé. On veut faire la grève de la
faim jusqu’au bout. Y’a l’avocate de Achour qui est venu aujourd’hui, il a
déclaré la grève de la faim au docteur, à l’avocate, devant la
commandante.

propos recueilli le soir du rassemblement devant le CRA du Canet à
Marseille, le 8 sept


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