Haïti : Une experte de l’UNICEF s’inquiète du trafic d’enfants en Haïti.

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Aujourd’hui il y a des parents qui cherchent leurs enfants et peut-être que ceux-ci se trouvent en dehors du pays, nous a indiqué Françoise Gruloos, représentante UNICEF dans la nation caribéenne.

A la suite une note nettement plus positive : le Ministère de l’Éducation haïtien cherche à rouvrir les classes de la ville au plus tard au début avril, mais cela nécessite la levée de divers obstacles dans la grande ville dévastée

Beaucoup d’enfants attendent toujours de pouvoir retrouver leurs parents.
crédits : Juven Rebelde

Une experte de l’UNICEF s’inquiète du trafic d’enfants en Haïti

Port au Prince, 25 février - La représentante de l’UNICEF en Haïti, Françoise Gruloos, a qualifié d’inquiétant le trafic d’enfants après le tremblement de terre, bien qu’il soit encore impossible de quantifier le nombre de petits sortis du pays.

« Il y a beaucoup de mouvements d’enfants, c’est très inquiétant, parce qu’il y a des personnes qui oublient que l’enfant a un papa, une maman ou les deux », a déclaré la fonctionnaire à l’agence Prensa Latina.

Aujourd’hui il y a des parents qui cherchent leurs enfants et peut-être que ceux-ci se trouvent en dehors du pays, a précisé Gruloos.

Conformément à l’experte de l’UNICEF, déjà avant le tremblement de terre, le nord d’Haïti était une route utilisée par des contrebandiers pour le trafic d’enfants, zone d’où sortaient environ 2500 enfants par an. Après le séisme ce nombre a grandi, ce qui ne se dispose pas encore des chiffres, il a assuré.

Gruloos a rappelé qu’au moment du tremblement de terre — le 12 janvier à 16h52 — les familles étaient dispersées, et plusieurs enfants n’étaient pas accompagnés de leurs parents.
Cette séparation, qui au départ devait durer un bref espace de temps pour aller chercher un produit au marché, ou pour faire une tâche déterminée, et devenue un éloignement prolongé à la suite du séisme.

Beaucoup d’enfants des victimes de la catastrophe ont été amenés seuls dans les hôpitaux pour être soigné en urgence, sans que l’on connaisse leurs parents, tandis que peu de parents rentré en urgence étaient au courant du parcours de leurs enfants.

La fonctionnaire fait remarquer que le système établi par l’UNICEF dans la coordination avec d’autres groupements pour viabiliser les rencontres de parents fait ressortir des résultats malgré le fait que plus d’un mois s’est écoulé depuis la tragédie.

« Il se produit des rencontres très émouvantes, surtout des enfants hospitalisés qui étaient recherchés désespérément par leurs parents », a-t-elle indiqué.

L’autre problème est celui des orphelins, qui suivant l’experte concerne aussi les petits qui avant le tremblement de terre avaient été envoyés en orphelinat par leurs parents parce qu’ils n’arrivaient plus à réunir de bonnes conditions pour les soigner.

Avant le séisme il y avait environ 50 000 petits sans famille. Cependant, on peut y ajouter les 300 000 enfants confiés aux orphelinats par leurs parents pour raison économique.

« Mais c’était à cause de la pauvreté que les parents les ont laissé, non faute d’amour, tout au contraire, ils les ont laissés dans des institutions pour qu’ils bénéficient des soins, de la nourriture qu’ils ne pouvaient avoir chez eux. Ils ont été placés par la force de la situation », indique la fonctionnaire.

Ces derniers jours les spécialistes de l’UNICEF viennent de finir un recensement dans tout le pays et ils ont identifié 415 orphelinats, mais plusieurs d’entre eux sont dans une situation très précaire ou ils ont été détruits. Ces institutions ont toujours été à l’écart des action des contrebandiers.

Aujourd’hui deux citoyens des États-Unis pourraient être libérés, ceux qui ont été arrêtés il y a peu pour avoir tenté d’emmener 33 enfants via la République Dominicaine, comme l’ont annoncé leurs avocats. Laura Silsby et Charisa Coulter sont les dernières des 10 membres d’un groupe de missionnaires baptistes qui étaient sous la surveillance des haïtiens pour avoir séquestré des enfants.

Les autorités haïtiennes tentent de rouvrir les classes à Port-au-Prince

Port-au-Prince, 26 février - Le Ministère de l’Éducation haïtien cherche à rouvrir les classes de la ville pour début avril au plus tard, mais cela nécessite la levée de divers obstacles dans la grande ville dévastée.

"L’idée est que ces enfants peuvent continuer les études et finir à la fin août, a déclaré à Prensa Latina Fralsramtz Casseus, chef de cabinet du Ministre de l’Éducation.

Cela va demander beaucoup d’actions, parmi celles-ci faire renvoyer les enfants aux écoles, ce qui suppose un travail préparatoire.

"Le plan du ministère est de nettoyer en premier les lieux où étaient situées les écoles, pour mettre des tentes, pour cela il y a beaucoup d’organisations qui travaillent actuellement avec le Ministère de l’Éducation", a indiqué le fonctionnaire.

Pour sa part, Françoise Gruloos, représentante d’UNICEF en Haïti, a précisé qu’à Port-au-Prince 5000 écoles ont été complètement détruites ou sont inutilisables.

"Le nombre d’enfants qui ont été tués n’est pas encore déterminée, mais nous savons qu’il y en a beaucoup, beaucoup, il y a des écoles où jusqu’à 150 enfants sont morts, mais les informations manquent", a indiqué Gruloos.

Quand les écoles se sont écroulées, elles se sont effondrés sur tout ce qui avait dedans, donc, pour commencer les cours, il faut aussi chercher des livres et le matériel scolaire.

La fonctionnaire a précisé que l’UNICEF compte déjà plus de 50 000 tentes, du matériel scolaire, des sacs à dos et d’autres accessoires, mais le problème est d’identifier les endroits où ils sera possible de dresser les tentes.

"C’est très difficile, la ville est très étroite, et quand tu pars pour les campements, il en y a 332 dans la ville même, et ils sont très étroits, où nous allons mettre les tentes ?", s’est interrogée Gruloos.

Mardi, la représentante de l’UNICEF s’est réunie avec le Ministre de l’Éducation, Joel Derocier Jean Pierre, et ils ont évalué la nécessité de faire progresser rapidement l’identification des lieux où vont être placé les écoles de tentes, et aussi la possibilité de vider certains endroits offert par le secteur privé.

"Il y a une très grande mobilisation, une énorme solidarité dans le pays", a indiqué la fonctionnaire.

Gruloos a insisté sur la nécessité d’appuyer les écoles de l’intérieur du pays qui ont doublé ou ont triplé leurs inscriptions, afin d’avoir une disponibilité pour les enfants qui arrivent de la capitale.

Depuis plusieurs jours le Ministère de l’Éducation a autorisé toutes les écoles qui n’ont pas été endommagées à recommencer les cours, et à accepter tous les enfants possibles.

En premier bilan le tremblement de terre a provoqué la mort de 3 951 élèves, de 541 professeurs et de 189 fonctionnaires du secteur éducatif.

Sources : Prensa Latina
"Preocupante tráfico de niños en Haití, alerta experta de UNICEF"
"Autoridades haitianas insisten en reanudar clases en Puerto Príncipe"
Traduction : Primitivi


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