Honduras, le 12 octobre : Jour de la Résistance Indigène et Noire

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Le 12 octobre on commémore le “día de la raza” ou “día de la hispanidad” en rappelant la date à laquelle Christophe Colomb aperçoit une terre, le continent américain. Cette date marque le commencement du processus d’exploration, de conquête et de colonisation du territoire américain et se caractérise par l’extermination presque totale de sa population native dans plusieurs zones du continent. Le processus a aussi apporté avec soi la reconfiguration ethnique du continent : la venue des Espagnols colonisateurs et d’esclaves noirs, qui ont vécus á côté des survivants indigènes, le métissage produit pendant ces siècles de vie en commun façonnent l’actuelle population du continent.


Cette date a été adoptée par les groupes originaires, spécialement les indigènes et les noirs pour revendiquer leurs droits et pour exposer la situation de marginalisation sociale, politique et économique à laquelle ils ont systématiquement été soumis. Dans d’autres pays sud-américains, on ne parle pas d’un “jour de la race” mais du “jour de la résistance indigène”.

C’est pourquoi dans cette date nous reconnaissons la résistance indigène et garífuna-noire hondurienne, la résistance victime durant des siècles des coups de boutoir du régime et des intérêts mesquins de l’oligarchie et du patronat.

Les paysans lencas résistent : le 28 septembre 38 personnes ont été arrêtés dans les bâtiments de l’INA (Institut National Agraire), dont 12 membres de l’Organisation Nationale Indigène Lenca de l’Honduras (ONILH) qui avaient confiés à l’INA leurs titres de terre, uniques garanties légales de la possession des terres communautaires.

Elle résiste Agustina Flores López, leader paysanne et indigène, et aux autres détenus politiques à cause de la répression de la dictature fasciste qui a été instaurée dans ce pays depuis l’expulsion du Président Manuel Zelaya Rosales. Comme ils résistent les indigènes réfugiés dans l’Ambassade du Guatemala en sollicitant un asile politique.

Ils résistent dans une lutte héroïque, des indigènes Pech de la zone de Silín, Colomb, qui est quotidiennement assiégés par des sicaires et des policiers sous la conduite de Miguel Facussé*, un entrepreneur hondurien qui a cherché pendant des années à s’approprier les territoires communautaires des indigènes de la zone et qui depuis le coup d’état a redoublé ses attaque contre la communauté, laquelle résiste !
[*NDT : le magnat Miguel Facussé, décoré par le Sénat colombien en 2004 de l’Ordre du Mérite à la Démocratie, c’est lui qui détient aujourd’hui le monopole le marché de l’huile de palme et qui en 1992 a appuyé l’achat de terres aux paysans à moins de 10 % de leurs valeur réelle. Voir Qui appuie Micheletti et le gouvernement de facto ?]

Les frères résistent aussi garífunas de Ciriboya, qui ont vu violer leurs droit à la vie et à la santé, après qu’ai été fermé le centre de santé communautaire construit avec une gestion locale et un appui humanitaire étranger, où soignaient des médecins cubains et des diplômés de l’École Latino-américaine de Médecine (maintenant poursuivis par le régime). [Voir : Assaut de l’Hôpital Garífuna de Ciriboya par la police hondurienne]

Ils résistent les garífunas dans toute la zone côtière, devant la menace croissante sur leurs terres, convoitées par des entrepreneurs et des conglomérats touristiques. Ils résistent aussi dans les rues, en marchant avec leurs tambours, des victimes de poursuite, ont rapporté dans plus d’une occasion d’avoir été arrêté pour les avoir portés et la confiscation des tambours par la police. Ces tambours sont une arme puissante, émettent les sons qui nourrissent l’esprit et rendent l’âme des manifestants.

Ils résistent aussi à Tawakas et à Misquitus dans la Mosquitia, historiquement ignorés, en luttant pour le retour à un ordre constitutionnel au sein de l’État qui les a toujours ignorés, et en combinant sa lutte avec la lutte contre le trafic de stupéfiants et la déforestation de leurs terres dans leur réserve.

Ils résistent à Tolupanes à Montaña de la Flor, menacés par la malnutrition, par la perte de leurs terres et par la précense de trafiquants en bois et en animaux, ils résistent à la suspension de l’aide humanitaire du Réseau Solidaire qui leur garantissait des grains basiques et une attention médicale pour l’amélioration de leurs conditions de vie minimales.

Il y ont résisté durant des siècles toutes les ethnies honduriennes à la marginalisation, à la discrimination et à la pauvreté. Et depuis le 28 juin ils résistent à la suspension des programmes sociaux d’alimentation, de santé et d’éducation, promus par le gouvernement constitutionnel pour améliorer leurs conditions de vie.

LE 12 OCTOBRE : UN JOUR DE LA RÉSISTANCE INDIGÈNE ET NOIRE
LE HONDURAS RÉSISTE !
À CINQ SIÈCLES DE LUTTE, ICI PERSONNE NE SE REND !!!

Collectif Voselsoberano

Source : Vos El Soberano 12 de octubre : Día de la Resistencia Indígena y Negra
Traduction : Primitivi