Honduras : une multitudes de grèves de la faim

Magistrats, enseignants, travailleurs de l’université UNAH, paysans et parents.
Je partage sur :

Au Honduras où la violence n’a pas cessée on compte maintenant pas loin d’une cinquantaine de personnes qui se sont mise en grève de la faim pour protester contre le gouvernement de Lobo. Plusieurs groupes de grévistes protestent sur plusieurs points : éducation/enseignement, justice, attribution des terres arables.

Va-t-on en parler autant que des grévistes de la faim de Cuba ?

Des paysans du MUCA en grève de la faim, des enseignants et des parents les rejoignent

par le Réseau Morazánica d’Information

Des membres du Mouvement Unifié des Paysans de l’Aguán (MUCA), appartenant aux Coopératives El Despertar, San Esteban, San Isidro et La Trinidad, ont commencé lundi 24 mai une grève de la faim pour qu’on leur rende leurs terres, dont ils ont été dépossédés il y a quelques jours par les propriétaires terriens René Morales, Miguel Canales et Miguel Facussé.

Le 12 mai dernier, malgré les avertissements du Juge surnuméraire de la ville de Trujillo et de la coordinatrice des procureurs de la ville de Tocoa, l’évacuation des quatre coopératives paysannes a été effectuée, violent par là même les normes et les principes légaux, ainsi que l’accord signé entre le MUCA et le gouvernement de Porfirio Lobo.

Les paysans ont manifesté du département de Colon, jusqu’à la place la Merced de Tegucigalpa, dernier recours face aux abus dont ils sont l’objet de la part des grands propriétaires terriens, qui tiennent les opérateurs de justice à leur botte.

Suivant les témoignages des victimes, depuis l’évacuation, durant laquelle ils ont perdu tous leurs effets personnels et familiers, les terres sont occupées par des militaires, des policiers et les agents privés des latifudistes.

Les agriculteurs se sont installés aux côtés des grévistes de la faim de l’Association des Juges pour la Démocratie (AJD), qui au 25 mai en étaient à 216 heures de jeûne pour demander une vaste réforme du système judiciaire hondurien.

Des enseignants commencent une grève de la faim

Le 25 mai, se sont également déclarés en grève de la faim, dix directeurs départementaux d’éducation révoqués par le gouvernement de Porfirio Lobo, ils sont appuyés par des parents d’élèves qui considèrent les licenciements des enseignants par le gouvernement comme illégaux.

Cette grève de la faim s’ajoute à celle commencée par les membres du Syndicat des Travailleurs de l’Université Nationale Autonome du Honduras (UNAH), à celle de l’Association des Juges pour la Démocratie (AJD), et à celle des paysans du MUCA.

Les grévistes sont appuyés par des parents qui se sont aussi déclarés en grève de la faim selon les organisations magisteriales.

Les maîtres se sont installé sur la place la Merced, et ont envoyé une requête au gouvernement et au Ministre de l’éducation, pour qu’ils résolvent le conflit rapidement.

Selon les enseignants cette grève est organisée pour cause d’irrespect des lois gérant la carrière enseignante, récemment le gouvernement de Porfirio Lobo a nommé directement plusieurs directeurs départementaux sans qu’aucun concours n’ait été mis en place.

Depuis lundi dernier sont également en grève de la faim les membres de l’Association “Revenons aux Classes”, présidée par Mercedes Saravia, activiste du Maire de la capitale Ricardo Álvarez, et défenseuse du coup d’État

Les paysans en grève de la faim sont les suivants :
Luis Alberto Ramirez --- Coopérative San Isidro
Juan Pablo Barahona --- Coopérative San Isidro
Humberto Ávila Ávila --- Coopérative San Isidro
Felipe Mejía--------------- Coopérative San Isidro
José Castillo -------------- Coopérative El Despertar
Rolando Bueso ----------- Coopérative El Despertar
Isidro Rivera ------------- Coopérative El Despertar
Marvin Nahum Orellana- Coopérative San Esteban
Vilma Maribel Molina ----Coopérative San Esteban
Juan Gabriel Orellana --- Coopérative La Trinidad
Julián Hernández ------- Coopérative La Trinidad
Kevin Izaguirre --------- Coopérative La Trinidad
Octavio Lezama ---------- Coopérative La Trinidad

Les juges en sont à 10 jours de grève de la faim

Les membres de l’Association des Juges pour la Démocratie (AJD) en sont à 10 jours de grève de la faim. Ils demandent le rétablissement à leurs fonctions des magistrats révoqués par la Cour Suprême de Justice (CSJ). De plus, ils exigent que le pouvoir législatif mette en place les réformes qui permettent l’indépendance de la Justice hondurienne.

Les ex-magistrats Guillermo López et Luis Alonso Chévez ont été les initiateurs de la grève de la faim il y a 10 jours. Depuis d’autres magistrats (Edyn Geovany de la O, Carlos Reyes Sabillón, Ariel Sosa Urquía, Ariana Amador et Luis Laínez) se sont joints à leur protestation.

Après avoir rejoint la grève de la faim, Reyes Sabillónil a affirmé que la lutte de l’AJD est une lutte juste. Il a expliqué qu’il ne s’agissait pas uniquement de la réintégration des magistrats révoqués mais que c’est également une lutte pour une véritable indépendance de la Justice, qui est un droit des citoyens honduriens.

Pour sa part, Ariana Amador a indiqué qu’elle s’est unie à la protestation parce que "tous ceux qui sont au pouvoir sont putschistes" et ce qu’ils ont fait avec les juges "c’est une injustice parce que c’était un licenciement arbitraire". Elle a également ajouté que ce qui reste important c’est "de lutter et de demander une Assemblée Nationale Constituante".

La grève de la faim est sans limite jusqu’à ce que la Cour Suprême de Justice revienne sur sa décision du 5 mai dernier de destituer les juges Guillermo López Lone, Ramón Barríos, Luis Alonso Chévez, le défenseur public Osman Fajardo Morel et la magistrate Tirza Flores.

Source :
Red Morazánica de Información via Pelusa Radical "Campesinos del MUCA en huelga de hambre, Maestros y padres de familia también"
Agencia Pulsar "Jueces cumplen 10 días de huelga de hambre en Honduras"
Traduction : Primitivi


Sur le même thème