Paraguay : la société civile dénonce l’utilisation de coton transgénique

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Il n’a pas fallu longtemps après le coup d ’État pour que certains intérêts se manifestent. La société Monsanto, largement suspectée d’avoir soutenu le putsch, est maintenant montrée du doigt par des ONG environnementales dans un scandale transgénique dans lequel le nouveau gouvernement piétine allègrement les lois paraguayennes.

Le Réseau des Organisations Environnementales Non Gouvernementales du Paraguay (ROAM) dénonce la plantation illégale de coton transgénique de Monsanto Paraguay S.A. et considère que la résolution émise par le Ministère de l’Agriculture et de l’Élevage (MAG) est illégale et que ce dernier a dépassé les limites de ses fonctions.

“À peine ce gouvernement assume-il ses fonctions après le coup parlementaire que le Service National de Qualité et de Santé Végétale et des Semences (SENAVE) a émis la Résolution 22, du 6 juillet, qui inscrit dans le Registre National des Cultures Commerciales le Coton Bollgard - BT (MON531) de la transnationale Monsanto, en ignorant la législation de l’environnement en vigueur” indique le ROAM dans un communiqué.

Le réseau ROAM exige que les autorités d’application rendent public, au cas où ils existeraient, les rapports d’innocuité alimentaire et de permission environnementale qui doivent être octroyés par le Ministère de la Santé publique et du Bien-être Social (MSPyBS) et le Secrétariat de l’Environnement (SEAM).

La résolution de la MAG ignore l’autorité de la SEAM et du MSPyBS, membres de la Commission de Biosécurité Agricole et Forestière (COMBIO), et l’obligation des rapports qui doivent être émis par ces institutions. Cela met en évidence le manque de coordination entre les différents Ministères et Secrétariats dépendants du même gouvernement.

Selon Monsanto le coton BT est la culture transgénique la plus réussie dans des pays non industrialisés. Mais malgré les promesses faites par les entreprises biotechnologiques, des preuves indiquant que la réalité est très différente existent, “et il n’y a aucune certitude quant aux risques potentiels pour la santé humaine, la sécurité alimentaire et la biodiversité", précise ROAM.

Le rendement en coton BT n’est pas parfait et “instaure un modèle agricole qui soumet économiquement les agriculteurs en les ayant rendus dépendants à un paquet technologique composé de graines brevetées et un usage important de compléments de production agricole, incluant des agrochimiques toxiques”.

ROAM exige le respect de l’Autorité Environnementale (SEAM) et de la Santé (MSPyBS) ; et sollicite l’abrogation de la Résolution N° 2.072, signée par le Ministre de l’Agriculture et de l’Élevage (MAG), pour manquements légaux.

Il sollicite également que soient poursuivis les enquêtes sur le coton BT, en incluant de nouvelles variables dans le protocole, pour évaluer ses impacts possibles sur la santé et l’environnement, car pour le moment seule l’évaluation de son efficacité et de sa valeur agronomique a été prise en compte.

Les normes transgressées

a) La Loi 294/93 de l’Évaluation de l’Impact sur l’Environnement, article 7, alinéa “S” indique :

“toute œuvre ou activité qui par ses dimensions ou intensité est susceptible de causer des impacts sur l’environnement. Et dans le 12er article. - La Déclaration d’Impact sur l’environnement sera la condition requise et inéluctable dans les démarches suivantes relatifs au projet, alinéa “B“ : Pour obtention d’autorisations d’autres organismes publics.”

b) La Loi N ° 253/93 :

“Qui Approuve L’accord Sur la Diversité Biologique adopté durant La Conférence Des Nations Unies Sur l’Environnement et le Développement – Sommet Pour La Terre - dans son Article 8 de la Conservation in situ ; Incise G et Incise J.

c) Le Protocole de Carthagène sur la Sécurité de la Biotechnologie de l’Accord sur la Diversité biologique, ratifié par le Paraguay, dans son article 2, alinéa 2 qui signale :

“Les Parties veilleront que le développement, la manipulation, le transport, l’utilisation, le transfert et l’utilisation de n’importe quel organisme vivant modifié soient réalisé de telle manière que les risques pour la diversité biologique soient évités ou réduits, en prenant également en compte les risques pour la santé humaine. En plus de l’Article 23 sur la Conscientisation et la Participation du public”.

d) Le Décret N° 14.281/96, par lequel est réglementée la Loi N° 294/93 de l’Évaluation de l’Impact sur l’environnement, établit que le Secrétariat de l’Environnement (SEAM), est l’autorité d’application chargée de décider ce qui “requiert l’Évaluation de l’Impact sur l’Environnement (EIA)”.

Source : Servindi "Paraguay : Sociedad civil denuncia liberación ilegal de algodón transgénico de Monsanto"
Traduction : Primitivi


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