DES VOIX CONTRE LE BÉTON ET SON MONDE (2024)

Prise de parole depuis le comité local des Soulèvements de la terre 13 le 5 avril 2024

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Prise de parole depuis le comité local des Soulèvements de la terre 13 le 5 avril 2024

Vendredi 5 avril, deux personnes ont été convoquées au TGI d’Aix en Provence pour une mise en examen dans le cadre de l’affaire Lafarge, à la suite du désarmement en décembre 2022 par 150 personnes de leur site de Bouc-Bel-Air, l’un des plus polluants du pays.

Un rassemblement de soutien accompagné de prises de paroles s’est tenu devant le tribunal à l’appel du collectif de soutien aux mises en cause de l’affaire lafarge et du comité local des Soulèvements de la terre 13.

Une soixantaine de personnes étaient présentes, déterminées à montrer leur soutien aux mises en examen ainsi qu’à la mobilisation contre la criminalisation des luttes écologistes.

Plusieurs prises de paroles ont permis de mettre en lumière les multiples aberrations qui accompagnent ces mises en examen.

Affaire Lafarge | La violence systémique de l’industrie du béton - prise
de parole depuis le comité local des Soulèvements de la terre 13-.

Après avoir rappelé que l’existence du comité des Soulèvements de la terre est intrinsèquement liée à la séquence de dissolution du mouvement en juin dernier, dans laquelle l’affaire Lafarge a largement été instrumentalisée, A. revient sur les violences systémiques de l’industrie du béton. Il explique que le béton est la clé de voûte d’un système qui applique une organisation de la violence à tous les étages : social, économique, politique et écologique.

En liant la question du béton à celle de l’habitat, A déclare : "On ne pourra pas répondre à la crise du logement avec les logiques qui ont conduit à cette crise. Il conviendrait de rappeler que cette crise n’est pas uniquement un manque de logements mais un accaparement, par les logiques financières, d’une des choses les plus élémentaires au monde et qu’on ne devrait même pas avoir à défendre comme un droit : habiter quelque part dans un milieu sain. "

Affaire Lafarge | La répression des luttes - prise de parole d’un membre du comité Affaires Sensibles de Lyon. Le comité replace "l’affaire Lafarge" dans un contexte de répression des luttes de plus en plus violent : les Gilets jaunes, les émeutes pour Nahel, la lutte pour la Palestine, les dissolutions etc. Puis, il
rappelle que malgré ce qu’ont subi les personnes arrếtées dans cette affaire, les actions contre le béton se sont multipliées : "à la date d’anniversaire de l’invasion de l’usine de Bouc-Bel-Air, une cinquantaine de sites de l’entreprise étaient envahis par des centaines de personnes".

Cette prise de parole recontextualise le désastre de l’entreprise Lafarge comme géant capitaliste et sa relation avec l’Etat Islamique prouvé aux Etats-Unis, et toujours en procédure en France.

Affaire Lafarge | la surveillance des militant·es politiques - prise de parole d’un membre de la Quadrature du Net Tout en dénonçant « l’instrumentalisation de la justice et des services antiterroristes pour réprimer les militant.es et dissuader toute forme de désobéissance civile », F., membre de la Quadrature du net est longuement revenu sur le renforcement de la surveillance des services de renseignements - dont il salue ironiquement la présence lors du rassemblement. Il décrit également comment les moyens de surveillance conçus les 25 dernières années permettent, dans le cadre d’une affaire comme celle-ci, d’opérer une surveillance totale. Par ailleurs, il souligne que c’est la logique même de la dérive autoritaire qui est criminalisante : "vous utilisez des logiciels libres ou des systèmes de messageries chiffrées ? Cela suffit à faire de vous un coupable".

Affaire Lafarge | Criminalisation des droits. Un membre de la LDH prend la parole pour rappeler, face aux crises actuelles, la une fuite en avant du pouvoir qui cherche à opérer à un contrôle social massif des sociétés, couplé à un affaiblissement de la justice. Cet affaiblissement est traduit par le recours de plus en plus systématique au délit d’intention et au délit d’opinion, au détriment de la présomption d’innocence. Il souligne également un deux poids, deux mesures entre les militant.es écologistes et les agriculteur.ices de la FNSEA. Cette différence de traitement montre que l’appareil répressif n’a pas pour rôle d’identifier les auteurs d’une infraction mais bien de neutraliser des opposant.es politiques. Pour finir, il insiste sur la criminalisation toujours plus grande de la désobeissance civile pourtant garantie par la constitution européenne.

À la suite de la comparution devant les deux juges d’instruction, la mise en examen a été confirmée pour les faits de destruction et dégradation par voie d’incendie en bande organisée à l’encontre de plusieurs engins de chantier appartenant à la société SAS BUESA, et d’association de malfaiteurs, le 10 décembre 2022, à Bouc Bel Air, dans les Bouches du Rhône. A l’issue de la mise en examen, aucun contrôle judiciaire n’a été prononcé.
La violence systémique de l’industrie du béton. Prise de parole depuis le comité local des Soulèvements de la terre 13


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