Le Ring Club Valley, Un club d’exception

Ce club de boxe hisse depuis plusieurs décennies bon nombre de filles et de garçons sur des titres de champion et entraînent en partenariat avec d’autres clubs des vedettes des sports de combats.

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Ce club de boxe hisse depuis plusieurs décennies bon nombre de filles et de garçons sur des titres de champion et entraînent en partenariat avec d’autres clubs des vedettes des sports de combats.

Il est 21 h sur Air-Bel, et seule la salle de boxe et encore ouverte. Retour ligne automatique

En passant la porte du Ring Club Valley l’ambiance est bien sportive, et il est assez clair qu’ici, on transpire et on s’engage.

Les frappes claquent sur les sacs et à chaque coup bien porté, les chaînes vacillent sous un son métallique ; le cri des uns pour accompagner le déploiement de leur corps et enfin le "BIP" retentissant du chrono. Au milieu de tous ces bruits, deux hommes arpentent de long en large la salle, assez grande pour y placer deux rings. Nordine Sahnoune et Samy Pena donnent de leur voix et coordonnent le déroulement : "Déplaces toi, déplace toi ! Tiens ta garde !! C’est bien, c’est cela ! ... Allez, on tourne !"
Un roulement continue en effet, d’élèves et d’exercices qui se croisent selon les horaires du plus petit au plus grand, des cadets au seniors, des filles comme des garçons.
Chaque semaine, les deux coachs bardés de diplômes et de titres se démènent corps et âme pour entraîner presque une centaine d’adhérents. Venus du quartier, mais aussi de toute la ville. Ces derniers maintiennent une discipline de fer pour bénéficier du savoir-faire de Nordine et Samy. D’une grande exigence, ils entraînent tous deux, aussi bien les amateurs que les professionnels. La somme de leurs compétences et de leurs expériences fait d’eux des experts de la boxe reconnus à l’échelle locale comme internationale. Pourtant chaque année leur plus gros combat est de maintenir le club ouvert et de pouvoir participer, mais aussi d’organiser des championnats de qualité.
Sur plusieurs décennies, le Ring Club Valley n’a eu de cesse de faire ses preuves en menant bon nombre de jeunes au titre de champion et de championne. Ici, "c’est un refuge pour les jeunes du quartier depuis 3 générations". Araïk MARGARIAN arrivé tout jeune d’Arménie en 1998 a grandit à Air-bel et remercie chaleureusement les coachs qui l’ont entraîné. 12 ceintures à son actif, plusieurs fois champion de France de Sambo, deux fois vainqueur du 100% Fight, et bien d’autres titres : "Moi, j’ai grandi dans cette salle et Nordine et comme un grand frère, quand je prépare les combats, je viens m’entraîner ici, tous ceux qui sont passés ici sont devenus champions. C’est incroyable que le travail qu’ils accomplissent soit fait en trop grande partie bénévolement". Un autre boxeur Saïd, devenu père de famille nous raconte avoir commencé à mettre les gants à 16 ans ici dans ce club et que bien qu’il n’habite plus le quartier, il a grand plaisir de revenir ici, aux sources. " Ici, on a appris les bonnes valeurs et cela nous a permis de ne pas sombrer dans la délinquance". Nordine et Samy propagent leur passion jusque dans les prisons pour femmes, et portent tous les ans une dizaine de personnes sur un programme d’insertion professionnelle par le sport. Leur succès fait grand bruit, pourtant, il leur reste cette épine dans le pied, le budget qui malgré leur centaine d’inscrits de tout âge ne leur permet pas d’assurer un avenir pérenne au club. "En France, les sponsors et les institutions sont encore trop frileux et se contentent de maigres budgets ne nous permettant pas d’assurer plusieurs salariés et encore moins d’organiser les championnats." Pour Samy et Nordine, cette passion, de transmettre a un prix et certaines années, il leur a fallu mettre de leurs économies personnelles pour sauver le Club. Manque d’audace des sponsors français qui ne tire pas profit de la réputation du club largement connu. Quant aux deniers publics, sur le terrain, la mise en concurrence du tissu associatif dans le quartier est assez délétère. Les associations doivent se partager des budgets de plus en plus éphémères et restreints. Pour les structures qui quotidiennement permettent de lever la jeunesse des mauvais chemins et de faire valoir les graines de champions et de championnes de notre territoire la pilule est parfois dure à digérer et il devient de plus en plus amer de devoir re-convaincre chaque année les potentiels voir improbables financeurs.

Collaboration inter-associative : Il Fait Bon Vivre Dans Ma cité / Amicale des Locataires d’Air-Bel Marseille/ Primitivi
https://www.airbelenforce.com/


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