UE/Amérique Latine : Madrid, la vilénie commerciale de l’UE

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Durant cette fin de semaine ont lieu à Madrid les sommets UE/Amérique Latine et UE/Amérique Centrale. Sommets hautement stratégiques pour l’UE car c’est là que devrait se conclure différents accords de libre-échanges commerciaux.

Appelés innocemment Accord d’Association (AdA) ces accords, purs produits néo-libéraux, vont encore grappiller les droits des populations locales pour rehausser les bénéfices de grandes entreprises européennes et sud américaines.

Comble de félonie, l’UE n’hésite aucunement à inviter le président du Honduras Porfirio Lobo comme interlocuteur légitime bien qu’elle ait officiellement considéré comme illégitimes les élections qui lui ont permis d’accéder à son poste.
Retournement de veste justifié par la nécessité de clôturer au plus vite l’AdA UE/Amérique Centrale débuté en 2007.

Dans le même temps différentes associations, groupes de la société civile et politiciens du sud tentent de changer le cours des choses au sein du contre-sommet qui a lieu aux mêmes dates dans la même ville.

Le ’contre-sommet’ de Madrid refuse que l’UE accepte le Honduras comme associé

Les rencontres alternatives du VI sommet Union Européenne/Amérique Latine et Caraïbes (ALC) se tient en parallèle du sommet officiel du 14 mai au 18 mai à Madrid, et dénonce la reconnaissance de Profirio Lobo en tant que président, représentant et interlocuteur légitime du Honduras par l’Espagne et les autres membres de l’Union Européenne, alors que ce dernier a été élu à la suite d’un putsch qui a renversé Manuel Zelya.

Le ‘Sommet des Peuples’, qui en est à sa quatrième édition, a lieu tout les deux ans aux mêmes dates que la réunion des leaders de l’UE et de l’ALC, pour revendiquer le rôle des mouvements sociaux et pour promouvoir la solidarité et la démocratie participative face au modèle capitaliste.

Ce forum, organisé par le Réseau Bir-régional Europe, Amérique Latine et Caraïbes, “Enlanzando Alternativas”, mettra l’accent sur “l’action criminelle” qu’a représenté le coup d’État militaire au Honduras, “une menace réelle pour tout le continent”.

Selon Tom Kucharz, un des porte-parole de “Enlanzando Alternativas“, le renversement de Zelaya le 28 juin 2009 et l’approbation de Porfirio Lobo en tant que nouveau président du Honduras prouve qu’en Amérique Latine “on peut changer un régime démocratique par un coup de force qui finalement finit par être accepté”.

Finalement Lobo ne parlera pas au sommet UE-ALC à cause du veto posé par des pays comme le Brésil, le Venezuela, l’Équateur et la Bolivie, qui ne le reconnaissent pas comme président légitime.

Kucharz a afirmé à EFE que le veto contre Lobo est “une victoire politique qui devrait faire réfléchir l’Union Européenne, pour qu’elle ne le considère pas comme un interlocuteur représentant légitimement le Honduras”.

Mais le président hondurien reste invité à la réunion avec l’Amérique Centrale que l’UE organise séparément aux mêmes dates, et dans laquelle sera probablement signé un accord d’association.

Au sommet alternatif, on attend l’arrivée des présidents du Venezuela, Hugo Chávez, et de la Bolivie, Evo Morales, qui ont déjà participé aux précédentes éditions.

En plus du cas du Honduras, d’autres thèmes seront sujets à débat au ’contre-sommet’ comme Cuba, afin de demander la fin de la position commune européenne et le respect du régime castriste, ainsi que la situation actuelles des droits de l’homme en Colombie, et les abus des multinationales en Amérique Latine.

Le Sommet des Peuples réunit les représentants d’organisations civiles, de syndicats et des activistes défenseurs des droits de l’homme et de l’environnement.

Cette année des délégués syndicaux grecs ayant participé aux manifestations contre le plan d’ajustage du gouvernement hellène seront également présents.

Des organisations guatemaltèques rejettent l’Accord d’Association avec l’Union Européenne

Plusieurs organisations sociales du Guatemala se sont déclarées contre l’Accord d’Association (AdA) entre les pays d’Amérique Centrale et ceux de l’Union Européenne (UE).

Par leurs déclarations elles ont exhorté leurs gouvernements à se retirer de la table des négociations de l’Ada.

Les organisations ont fait remarquer que l’accord n’inclus aucune politique favorisant les peuples mais garantit les bénéfices des grandes entreprises d’Europe et d’Amérique Centrale.

C’est ce qu’ils ont publié dans le document "Adhésions contre l’Accord Commercial Union Européenne/Amérique Centrale".

Dans le même temps, le président de la commission de Relations extérieures de l’Assemblée Législative du Salvador, Jorge Shafik Handall, a appelé les pays d’Amérique centrale de se retirer de la négociation avec l’UE.

Handall a affirmé dans une conférence de presse qui s’est déroulée dans la ville de Guatemala que seul l’axe commercial était privilégié par les experts de l’UE dans l’accord.

La négociation de l’AdA entre l’Amérique centrale et l’Union Européenne s’est initiée en octobre 2007. Au départ il était convenu qu’elle serait bouclée en avril 2010 à Bruxelles, mais c’était sans compter avec les différents existants entre les parties.

Les négociateurs essaieront de conclure l’accord de libre-échange ce week-end à Madrid, où se déroule le Sommet Europe/Amérique Latine.

Nelton Rivera, AMARC-Guatemala/gf
14/05/2010

Source :
Enlazando Alternativas "La ‘contracumbre’ de Madrid rechazará que la UE acepte como socio a Honduras"
Agencia Pulsar "Organizaciones de Guatemala rechazan Acuerdo de Asociación con la UE"
Traduction : Primitivi
http://www.enlazandoalternativas.org/spip.php?article522
http://www.enlazandoalternativas.org/spip.php?article649
http://www.enlazandoalternativas.org/spip.php?article653
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