Doctorat Sauvage

Un chemin de mémoire sociale

L’association "Chemin de mémoire sociale" débarque à Marseille. Au programme ballades, rencontres et discussions. Quelle meilleure façon de faire un retour en arrière sur l’année capitale européenne de la culture que de regarder la fête est finie de Nicolas Burlaud.

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Après des ballades à Craonne dans les pas des mutins de 1917, dans les pas des Républicains espagnols de Barcelone à Argelès, ou avec les LIP à Besançon, l’association "Chemins de mémoire sociale" vient à Marseille en 2016.

Dans ses statuts, on peut lire :

art.2 : L’association se propose d’arpenter « des chemins d’histoire sociale » définis comme des lieux d’histoire, symboles de souffrance, de répression, de révolte populaire.
Arpentant ces lieux, les membres de l’association se veulent « porteurs de mémoire »... ils vont à la rencontre de ceux qui, dans ces lieux, défendent et font vivre cette mémoire…

art.3 : ... l’association organise des randonnées appelées « chemins de mémoire » qui sont l’occasion d’initiatives conviviales et festives... Dans la mesure de ses moyens, elle participe et soutient des événements qui
font vivre la mémoire sociale des lieux que ses membres arpentent.

A Marseille, l’association nous a contacté pour discuter autour du film "La fête est finie", produit par Primitivi, qui revient sur l’année "Capitale européenne de la Culture" de 2013.

La fête est finie

Pour tout savoir sur le film, vous pouvez visiter la page du film ou son site dédié ici, sur lequel on peut lire :

Nous installons en notre sainte citadelle ce monstre de malheur. À ce moment aussi, Cassandre ouvre la bouche, dévoilant l’avenir, elle que, par l’ordre d’un dieu, les Troyens n’ont jamais crue. Et nous, malheureux, qui vivions notre dernier jour dans la ville, nous ornons les temples des dieux de feuillages de fête.

Virgile, ÉNÉÏDE, Livre II

Partout en Europe, sous les assauts répétés des politiques d’aménagement, la ville se lisse, s’embourgeoise, s’uniformise. Cette transformation se fait au prix d’une exclusion des classes populaires, repoussées toujours plus loin des centres-villes.
L’élection de Marseille en 2013 au titre de « Capitale Européenne de la Culture » a permis une accélération spectaculaire de cette mutation. Là où brutalité et pelleteuses avaient pu cristalliser les résistances, les festivités, parées de l’aura inattaquable de « la Culture », nous ont plongés dans un état de stupeur. Elles n’ont laissé d’autre choix que de participer ou de se taire.


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